Le grand ruban


Tant de nuits de solitude
Que c’en est une habitude
Seul, derrière son volant
Face au grand ruban.
En lutte permanente
Contre une fatigue envahissante
Sous les lueurs incandescentes
De lanternes éblouissantes,
Offrant ainsi aux regards
De noctambules hagards
Le spectacle hallucinant
D’un ballet incessant
De mille-pattes
Mangeurs d’asphalte.
Parfois, noyé dans la brume
Ce forçat du bitume
S’abandonne, épuisé
Aux bras de Morphée,
Ultimes secondes
Avant l’autre monde,
Scellant ainsi son destin
Par une nuit sans fin.

 

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