Mémoire

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Avant-propos.

Introduction générale.

Chap.I : De la Sophrologie.

1- Introduction. (= Résumé général des II et III).

2- Origines de la Sophrologie.

3- Historique.

4- La Sophrologie en théorie.

4.1- Etats et niveaux de conscience.

4.1.1- Conscience.

4.1.2- Etats qualitatifs de conscience.

4.1.3- Niveaux quantitatifs de conscience.

4.1.4- Relaxation.

4.1.5- Respiration.

  1. 4.2- Sophronisation de base.
  2. 4.3- Sophronisation statique.

    4.3.1- Techniques recouvrantes.

    4.3.2- Techniques découvrantes.

    4.4- Relaxation dynamique

  3. 4.4.1- Relaxation dynamique du 1er degré (R.D.1).
  4. 4.4.2- Relaxation dynamique du 2e degré (R.D.2).
  5. 4.4.3- Relaxation dynamique du 3e degré (R.D.3).
  6. 4.4.4- Relaxation dynamique du 4e degré (R.D.4).

4.5- Training Autogène Modifié (T.R.A.M.).

4.6- Rêve éveillé.

4.7- Approche symbolique.

Chap.II : Du Social.

  1. Introduction.
  2. Travail social.
  3. Exclusion.

3.1- La pathologie conduit à l’exclusion.

3.2- l’exclusion sociale est génératrice de pathologies.

  1. 3.3- Exclusion et pathologie sont imbriquées.

4- Revenu Minimum d’Insertion.

5- Centres de Redynamisation.

6- Les publics de l’insertion.

7- Agents d’Insertion.

 

Chap.III : La Sophrologie à l’épreuve du Social.

  1. Mes lieux d’application de la Sophrologie (Belley, Bellegarde, Gex).
  2. Type de publics.
  1. Psychopathologie spécifiques des publics.
  2. Techniques de Sophrologie utilisées.
  3. Difficultés rencontrées (méconnaissance de la Sophrologie par les partenaires, difficultés par rapport aux publics, difficultés matérielles (locaux, …), …).
  4. Résultats.
  5. Discussion.
  6. Conclusion et perspectives.
  7.  

    Conclusion générale.

    Bibliographie.

    Annexes.

     

    Avant-propos. (= Comment en es-tu venu à faire ce mémoire par rapport à ton parcours personnel).

    Avant-propos.

    La raison d’être de ce mémoire trouve son origine en 1991, époque à laquelle j’habitais à Paris et travaillais à la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites. Parallèlement, je faisais partie d’un groupe de rock et suivais des cours de musique en école privée afin de pouvoir enseigner la guitare par la suite.

    Un jour, j’ai découvert par hasard dans un magasine, un article portant sur un guitariste de renommée mondiale et décrivant qu’il avait été amené à la pratique du bouddhisme zen pendant plusieurs années sous la conduite d’un maître afin de parvenir à surmonter sa peur de la réussite dans la vie.

    Suite à la lecture de cet article, un bouleversement radical s’est produit dans ma vie : pour moi la pratique de la guitare était terminée. A quoi bon continuer à perdre mon temps derrière cet instrument alors que tant de personnes souffraient dans le monde ? Je me mis à lire " Les Enfants du Verseau " de Marilyn Ferguson, ouvrage qui me conduisit à la découverte de mon maître à penser : Carl Gustav JUNG. Ma vie prit alors une nouvelle dimension ainsi qu’une nouvelle orientation professionnelle : la relation d’aide.

    Introduction générale.

    Notre époque est marquée par une crise profonde de la conscience individuelle et de la conscience collective : on assiste en effet à un déracinement des hommes, un éclatement des sociétés traditionnelles, une perte des valeurs fondamentales et à une rupture du lien social, à savoir une rupture des liens qui rattachaient les personnes à l’ensemble du ou des systèmes dont elles font partie. Notre temps remet en question les principes, les valeurs et les institutions qui rassuraient, pour les rejeter comme illusion. Notre société reste transie dans des circonstances qui la bloquent et bien que les hommes sachent qu’il faut changer de trajectoire, tout semble concourir à empêcher le mouvement libérateur : pesanteur des structures, poids des habitudes, …

    L’homme a longtemps cru que le progrès techno-scientifique répondrait à toutes ses questions et à toutes ses attentes. Cela dit, la science et la technologie occidentales ont certes beaucoup apporté à la société, mais elles ont également engendré une anxiété et une peur accrues en l’homme, qui éprouve de plus en plus de difficultés à s’adapter et à se défendre ; il erre dans un désert de doute et de confusion. L’ancienne vision de la science, si intéressante soit-elle, basée sur la conception mécaniste qui dissocie et décompose de Descartes et Newton nous mène à appréhender la vie, l’univers et l’être humain comme des mécaniques. Cette approche ne permet pas de résoudre les questions fondamentales de l’existence. Elle confond sens et croissance sans prendre en compte des progrès plus qualitatifs ou personnels, tels que la croissance psychologique ou la croissance spirituelle, touchant très profondément aux racines de l’homme.

    Ces dernières années, les sciences ont beaucoup évolué et une vision holistique et écologique en accord avec celle des anciens mystiques a pris le pas sur la conception mécaniste de Descartes et Newton.

    Malgré tout, notre société est en déroute. Le chômage est aujourd’hui la principale source d’exclusion, qui est ainsi devenue une préoccupation majeure de notre société, du fait des fractures sociales qu’elle engendre. En effet, la précarité du travail induit une précarité dans la vie. Les travailleurs sociaux, les associations, les institutions qui concourent à l’action sociale s’interrogent sur la qualité des solutions mises en place pour faire face aux problèmes qui pourtant continuent de s’aggraver. Au fur et à mesure que des dispositifs sont créés, de nouvelles difficultés apparaissent, si bien que de nouveaux services sont continuellement inventés et de nouveaux spécialistes, sollicités. Aussi, la chaîne de prise en charge des problèmes sociaux et de leurs conséquences paraît sans fin, tandis que les budgets restent limités.

    Toutefois, la crise est danger, mais elle est aussi occasion. Elle est coupure, mais en même temps un vide dont tout peut émerger, un espace de transition et elle est porteuse de changement, d’opportunités, si elle est appréhendée par le bon sens. Une exploitation dynamique de la crise permettrait à l’homme de passer de sujet passif à acteur d’un véritable changement. Notre cadre de pensée actuel ne permettant pas de résoudre tous ces problèmes personnels et collectifs, il est temps de passer à un changement de mode de pensée, à un changement de " paradigme ". Ce terme a été introduit par le philosophe et historien des sciences Thomas Kuhn, selon qui l’homme doit accepter de modifier fondamentalement son système de pensée, ses perceptions et ses valeurs afin d’acquérir une nouvelle vision de la réalité. Une transformation de notre société actuelle constitue une étape essentielle au développement de notre civilisation.

    La Sophrologie proclame les valeurs fondamentales de l’homme contre la disharmonie de la conscience qui met actuellement notre société en péril. Cette science en permanente évolution s’accompagne d’une philosophie humaniste qui se propose d’étudier la conscience de l’homme en devenir ; il s’agit d’une voie le conduisant à une harmonisation globale du corps et de l’esprit, considérant l’individu comme un tout, une unité autonome et indivisible et l’amenant à une prise de conscience de sa conscience.

    La Sophrologie propose à l’homme de ressentir ses problèmes comme des défis et comme des occasions de renouveau plutôt que comme un stress. Elle offre à l’homme l’opportunité d’acquérir une énergie nouvelle, de rétablir un équilibre de vie, où positif et négatif sont harmonieusement mêlés. Ces notions de yang et de yin sont issues du principe d’organisation du Taoïsme et élaborées dans le Yi King (ou " Livre des Transformations "). Certains penseurs d’aujourd’hui expliquent que l’ordre surgit du désordre et que ce désordre créateur et organisateur est plus que jamais synonyme de liberté. " Nous sommes à un moment vraiment passionnant de notre histoire, peut-être un tournant ", a déclaré Ilya Prigogine, qui obtint le prix Nobel en 1977 pour l’élaboration d’une théorie des transformations, non seulement en sciences physiques, mais aussi dans la société, et qui montre le rôle du stress et des perturbations comme propulseurs vers un nouvel ordre plus élevé. Celui-ci a introduit d’une autre façon l’idée d’organisation à partir du désordre. La transformation, l’innovation et l’évolution sont autant de réponses naturelles à une crise. Il devient de plus en plus évident que les crises de notre temps représentent une impulsion nécessaire et une occasion de changement.

    Par le biais de ce mémoire, j’ai été amené à introduire la Sophrologie dans le monde du Social. Aussi, ces deux termes seront-ils tout d’abord explicités de manière théorique dans les chapitres premier et deuxième, des modifications dans le schéma de base de la Sophrologie seront proposées, avant de décrire la confrontation de la Sophrologie au Social en troisième partie. Les résultats de l’application des techniques de Sophrologie auprès des publics du social seront ensuite discutés et des perspectives suggérées.

    2- Origines de la Sophrologie.

    Bien que le terme sophrologie soit une récente invention, son existence en tant que phénomène plus ou moins détectable est très ancien. Les sources de la sophrologie trouvent à la fois leurs origine en Occident et Orient.

    L’Occident est placé sous le signe du faire ; l’Orient sous le signe de l’être.

    Sources Occidentales :

    2800 ans avant Jésus-Christ, Homère décrit dans l’odyssée comment Ulysse est blessé à la jambe par un sanglier. Pendant que ces amis lui pansent la blessure, Homère entonne une sorte de cantique utilisant la parole dans un but curatif appelé " épodé " : suggestion verbale provoquant à travers la parole un état fait de calme bienfaisant entraînant la " guérison des blessures ". Là semble naître historiquement ce que l’on pourrait appeler le premier " traitement psychosomatique ", paroles douces agissant sur le psychisme et pansements agissant sur le corps.

    Plus tard chez Platon l’épodé est utilisé et définit comme ; une voix calmante et douce appelée " Terpnos logos " qui agirait sur le Thymos, là ou le corps et l’esprit s’unissent pour produire un état de Sophrosyne, ou état de bien-être, d’harmonie entre le corps-esprit, qui dépendrait de " ce qui est dit et de celui qui le dit ".

    Dans le texte de Platon " Charmide ", le terme sophrosuné est utilisé pour définir un état de calme, de sérénité et de concentration.

    Sources Orientales :

    D’autre part, le Yoga, qui date probablement du Xème avant notre ère, vise le même but : l’obtention d’une harmonie de la conscience en réalisant une sorte d’auto-analyse considérée comme la condition indispensable pour la rencontre avec la Divinité. Les différentes sortes de Yoga sont des voies alternatives vers ce but : Le Raja Yoga utilise des exercices physiques et le " Dhyana ", ou méditation. Le Gnani Yoga s’appuie surtout sur le travail intellectuel. Le Gnani Yoga utilise le mantra ou répétition constante d’un mot ou d’une courte phrase pour atteindre l’état voulu. Le Hatha Yoga, le plus connu en Occident, est plutôt un Yoga auxiliaire, commun à tous ;

    La pratique du véritable Yoga nécessite une croyance inébranlable en la réincarnation, sinon son utilité est minime. Ce n’est pas simplement une forme de gymnastique ; pour sérieusement en profiter, il faut épouser son contenu spirituel et religieux.

    Le Dhyana trouve ses origines dans l’Hindouisme, il est intégré par Bouddha dans ses rites vers le Vème siècle

    Avant J.C Puis au VIème siècle de notre ère, il est repris dans le Zen.

    La Sophrologie utilise également certaines approches dhayniques ou méditatives, mais cette fois exclusivement à des fins thérapeutiques. D’autre part, elle a adopté le Terpnos Logos.

    3- Historique.

    Le terme " Sophrologie " aurait été créé par le psychiatre espagnol Alfonso Caycedo, né en 1932 à Bogota (Colombie), quoique selon le docteur Hervé Jézic, "[il aurait été] inventé par le professeur Entralgo de la faculté d’Histoire de l’Université de Barcelone". (1)

    1- Période de fondation.

    En 1960, A. Caycedo travaille comme psychiatre dans le service du professeur Lopez Ibor, où il pratique l’hypnose. Aussi, il effectue une étude et une synthèse sur les diverses méthodes modernes et anciennes susceptibles de modifier l’état de conscience de l’homme et c’est à l’occasion de ces travaux que le terme de "sophrologie" a été employé pour la première fois par A. Caycedo. Ce mot est ainsi proposé au Vème Congrès International de Psychothérapie à Vienne, en août 1961.

    L’année suivante, A. Caycedo se familiarise avec une nouvelle méthode d’investigation de la conscience à travers la pensée des philosophes Husserl (père de la phénoménologie moderne) et Heidegger (fondateur de la dimension existentielle dans la phénoménologie). Puis, suite à un stage à la clinique Bellevue à Kreuzlingen (Suisse), où il rencontre le Professeur Binswanger, célèbre phénoménologiste, l’école sophrologique prend une tournure phénoménologique et étudie les phénomènes de la conscience "ici et maintenant".

    La Société Internationale de Sophrologie et de Médecine Psychosomatique présidée par A. Caycedo est créée en 1963, avec des ramifications dans plusieurs pays et entre autres les professeurs M. Erickson (USA) et I. Gubelen (Argentine), les docteurs A. Blanco (Espagne), R. Abrezol (Suisse), Ikemi (Japon) en sont nommés directeurs. Le professeur Sarro, alors président de la Société Mondiale d’Hygiène Mentale, et le professeur Lopez Ibor deviennent présidents d’honneur de cette Société.

    Sous les conseils du Professeur Binswanger, A. Caycedo quitte l’Europe de 1965 à 1967 pour étudier les techniques utilisées dans les différentes écoles de pensées orientales. Avant son départ, il charge les docteurs A. Dumont et R. Abrezol de la promotion, de la diffusion et de l’enseignement de la Sophrologie en Europe.

    A. Caycedo rapporte des techniques originales d’Orient. La relaxation dynamique du premier degré, d’essence Raya et Yogique, celle du deuxième degré d’influence bouddhique et celle du troisième degré inspiré du Zen.

    En 1966 est fondée la Société Française de Sophrologie.

    En 1967, R. Abrezol propose le nom de relaxation dynamique pour désigner une méthode d’entraînement sophrologique, qui se pratique au niveau du groupe avec des objectifs thérapeutiques et prophylactiques. Au cours de cette même année, A. Caycedo fonde la Société Centrale de Sophrologie et de Médecine Psychosomatique, puis le Centre International de Sophrologie.

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    (1) JEZIC H., La sophrologie le corps et l’âme, éd Buchet/Chastel, 1982.

  8. Période de structuration scientifique.

 

En 1968, le premier Symposium Européen de Sophrologie a lieu à Versailles. La sophrologie évolue, se transforme ; de nouvelles méthodes prennent forme. A. Dumont et R. Abrezol mettent au point le Training-Autogène Modifié (TRAM), qui devient alors une technique de base en sophrologie.

En 1969 se tient le premier Symposium Espagnol de Sophrologie, au collège des médecins de Barcelone, où A. Caycedo donne la définition suivante de la sophrologie : "C’est une nouvelle école scientifique, qui étudie les modifications de la conscience humaine. Dans ses buts, elle utilise différents procédés (psychologiques, physiologiques, chimiques, etc…) pour son emploi en clinique et en recherche." Il explique alors le concept des états et des niveaux de conscience.

Le 1er Octobre 1970 marque l’ouverture du Premier Congrès Mondial de Sophrologie au Palais des Nations à Barcelone, sous le titre : " Les médecines de l’Orient et de l’Occident se donnent la main à Barcelone ". La participation des professeurs J.H. Schultz de Berlin, A. Pedro-Pons et R. Sarro d’Espagne, M. Erickson des USA, donne une haute note scientifique à cette rencontre, suivie par les représentants de 42 pays et 1400 personnes. Ce congrès présidé par A. Caycedo marque la fin de la période de structuration scientifique de la Sophrologie.

 

3- Période de maturation.

La seconde période de la Sophrologie va de 1971 à 1982, pendant laquelle les techniques s’affinent. A. Dumont et R. Abrezol structurent l’enseignement officiel en France et en Suisse. Les cours de formation en quatre degrés s’organisent dans toutes les grandes villes. Après avoir participé aux cours de base dans leurs régions respectives, les français suivent les cours de perfectionnement dans le Centre International de Sophrologie à Leysin (Suisse). Dès cette époque, de nouveaux enseignants collaborent à la formation des sophrologues en France: les docteurs J. Donnars et J.P. Hubert. En Belgique, le docteur H. Boon dirige les activités.

En 1971, le Centre de Sophrologie de Paris est inauguré sous la direction de J.P. Hubert.

En 1972 se tient le premier Symposium de la Langue Française à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris, sous la présidence des docteurs R. Cahen, H. Boon et R. Abreuzol.

En 1973, le deuxième Symposium Européen de Sophrologie est organisé au Palais de Beaulieu à Lausanne par les docteurs A. Dumont et R. Abreuzol, sur le thème : " La Sophrothérapie et la Sophropédagogie ". La pédagogie de l’accouchement y est présentée par le Dr Aguirre de Carcèr. J. Courchet démontre l’efficacité de la Respiration Dynamique Relaxante. Le Dr R. Cahen fait une étude approfondie entre la sophrologie et la psychanalyse. R. Abreuzol expose sa méthode de préparation pédagogique d’entraînement sportif.

Du 23 au 26 Mai 1974 a lieu le troisième Symposium Européen de Sophrologie à Bruxelles sous la présidence de H. Boon. Le corps d’enseignement international se réunit et est mandaté pour développer la sophrologie en Amérique du Sud. Au Congrès Mondial de Pédiatrie de Buenos Aires, M. Espinosa Aroca présente de nouvelles méthodes de relaxation dynamique pour les enfants.

Le 25 Octobre 1975 s’ouvre le deuxième Congrès Mondial de Sophrologie à Barcelone. Tous les sophrologues du monde viennent y apporter le fruit de leurs recherches ; en particulier le Dr Donden, médecin personnel du Dalaï-Lama.

Le 22 Janvier 1977, le Collège International de Sophrologie est créé à Neuchâtel.

La Société Française de Sophrologie prend une position particulière à l’égard de la déclaration officielle faite par A. Caycedo à Recife le 25 août 1977, et ne souscrit pas à de nombreux points de cette déclaration.

En 1978, aux Journées Internationales de Pau, la Société Française de Sophrologie précise sa propre position et va à l’encontre des déclarations de Caycedo faites à Recife.

A. Caycedo introduit en Colombie la Sophrologie Sociale.

En 1983, lors du Congrès Mondial à Bogota, A. Caycedo inaugure la première université mondiale de sophrologie sociale.

En 1985, pour la première fois de l’histoire de la sophrologie, deux congrès parallèles présidés par A. Caycedo sont organisés à Lausanne, réunissant simultanément une rencontre médicale et une rencontre sociale. A l’hôpital de la Salpêtrière, Caycedo présente le quatrième degré de la Relaxation Dynamique.

En 1988 se tient le quatrième congrès mondial en Principauté d’Andorre et en 1989 sont créés des Masters.

Enfin, en 1992, lors du cinquième congrès européen de psychiatrie à Barcelone, la sophrologie est présentée officiellement comme nouvelle professionnalité clinique et socio-prophylactique.

En 1994-1995, Caycedo organise les structures de la sophrologie.

4- La Sophrologie en théorie.

 

4.1- Etats et niveaux de conscience.

La sophrologie est une science qui étudie la conscience humaine. Mais encore faut il pouvoir la définir.

4.1.1- Conscience.

On ne peut pas définir la Sophrologie sans expliciter d’abord ce qu’est la conscience. En effet, l’Ecole Française de Sophrologie définit la Sophrologie comme une science qui s’applique à l’étude de la conscience humaine. Le plus souvent, bien que le terme de conscience soit employé dans de nombreux ouvrages, aucune définition n’en est donnée. Aussi, avant de parler de Sophrologie, il convient de donner une acception la plus complète possible de ce qu’est la conscience.

Ce sont les Stoïciens qui nomment pour la première fois la conscience et qui répandent cette notion dans la philosophie grecque.

Conscience : nf [ emprunté au latin conscientia, connaissance, dérivé de conscrire, formé de cum, avec, et de scire, savoir.] Angl. Consciousness.

Connaissance immédiate de sa propre activité mentale (ce mot a aussi deux autres sens,

moral d’une part et métaphysique d’autre part). La connaissance différée, réfléchie de cette activité est appelée introspection et fut longtemps la méthode de base de la psychologie. Mais il est apparu que plutôt que de se fonder sur l’étude d’événements subjectifs difficilement communicables, la psychologie devait être basée sur l’observation de manifestations objectives de la vie mentale exprimées dans le comportement. D’une tout autre manière, la psychanalyse a contribué à faire abandonner la méthode introspective dans la mesure où elle a affirmé que les déterminants de la conduite devaient être recherchés dans un contenu supposé de l’inconscient. Le plus souvent, la conscience est invoquée quand les contenus des représentations, des opérations mentales ou des opérations mentales ou des émotions peuvent être décrits par le sujet au moyen du langage : l’activité consciente est dons celle qui est susceptible d’être verbalisable. La psychologie cognitive moderne a de son coté, montré que des étapes très complexes de traitement de l’information peuvent se dérouler en l’absence de conscience. On a put faire remarquer, à la lumière de ces travaux, que le problème moderne – non – résolu – n’est pas d ‘expliquer ce qui devient inconscient, mais au contraire pourquoi certaines activités deviennent conscientes. Cette prise de conscience peut être abordée dans ses substrats physiologiques. Envisagée comme un degré de présence au monde, la conscience peut d’abord se caractériser comme dépendant d’un certain niveau de vigilance, celui-ci lui-même déterminé par le degré d’activité du cerveau. Ce niveau de fonctionnement concerne plus particulièrement certaine zone du cérébrales dont l’atteinte pathologique se manifeste par des troubles ou des pertes de la conscience. Les régions du cerveau où sont évoquées, à un moment donné, les représentation les images mentales commencent à pouvoir être grossièrement localisables par les techniques d’imagerie cérébrale.

 

Après avoir explicité ce qu’est pour la sophrologie la conscience Nous arrivons donc à une définition de la sophrologie selon l’école Française : la sophrologie peut se définir comme une science qui s’applique à l’étude de la conscience humaine et de ses modifications par des moyens physiques, psychologiques. On peut considérer qu’elle étudie les modifications de l’état de conscience, des niveaux de vigilance, et les moyens de produire ces modifications. La sophrologie se veut également un art, visant à mettre l’individu à même de prendre en main la conduite de sa propre totalité psychosomatique par le vécu de sa conscience, puis par la maîtrise des moyens qui permettent d’en modifier le contenu, les états et le niveau de vigilance. Opérer de façon permanente et systématique sur son propre psychisme et son propre corps, ce qui implique tout naturellement le schéma corporel et l’image du corps.

 

4.1.2- Etats qualitatifs de conscience.

Ce sont les variations qualitatives de la conscience, la sophrologie définie trois états  de conscience :

  1. Conscience ordinaire : c’est l’état de conscience de l’homme sain, ordinaire.
  2. Conscience pathologique : c’est l’état de conscience de l’homme malade, névrosé ou psychotique. Chaque individu peut tomber de façon temporaire ou définitive dans cet état de conscience.
  3. Conscience sophronique : c’est l’état de conscience de l’homme en harmonie avec lui même et le monde extérieur. Cet état est induit par la pratique la sophrologie mais aussi par d’autres techniques occidentales ou orientales telles que le Zen, le yoga, la méditation transcendantale, etc…On peut acquérir progressivement la conscience sophronique pour y demeurer de façon transitoire ou permanente.

 

4.1.3- Niveaux quantitatifs de conscience.

Chacun des états de conscience se caractérise par différents niveaux qui représentent des variations de la vigilance. C’est l’électroencéphalogramme (EEG) qui permet d’observer l’activité électrique du cerveau et de déterminer les différents niveaux de vigilance.

 

4.1.4- Schémas de synthèse.

(Voir sur les pages suivantes).

Caycedo a modélisé la conscience suivant le schéma de base de la sophrologie suivant :

L’Ecole Française de Sophrologie a apporté des modifications au modèle de Caycedo et notamment grâce à des psychanalystes, dont Roland Cahen qui a intégré la notion d’inconscient :

Pour ma part, je trouverais plus complet ce schéma si la notion de conscience témoin (ou conscience de base) y figurait.

 



Conscience Témoin

 

4.1.4- Conscience témoin.

Une voix ma chuchoté la nuit dernière : " Une voix qui chuchote dans la nuit, cela n’existe pas ! " Haidar Ansari (8).

 

" Les philosophies spirituelles de l’Orient, ainsi qu’un bon nombre de philosophes occidentaux sont d’accord pour admettre l’existence d’une conscience pure, fondamentale. Par rapport à cette conscience de base, on peut dire paradoxalement que tous les autres états de conscience sont à priori modifiés, y compris l’état de conscience habituel, l’état de veille "(9).

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(8) DEIKMAN J.D., Le Soi Témoin, éd. Dervy-Livres, 1990.

(9) VIGNE J., Relaxation actualité et innovation, éd. L’esprit du temps, 1995.

 

" L’existence d’une pure conscience est accepté par la grande majorité des philosophes d’Orient et d’Occident, comme la montré un ouvrage collectif consacré à se sujet " (13).

 

Pour Christine Le Scanff, les états différents de conscience sont regroupés sous le terme d’états modifiés de conscience (EMC). Le dernier stade de la concentration yogique s’accompagne de modifications électriques jamais atteintes par d’autres méthodes ; il n’a d’ailleurs pu être enregistré qu’exceptionnellement par l’électroencéphalogramme (EEG).

Et pour JacquesVigne, il se doit d’amener à considérer avec prudence les études physiologiques sur la méditation qui font une équivalence – au départ et par postulat - entre la profondeur d’un état de méditation et la profondeur des signe physiologique d’un EMC ; l’état spontané ou état témoin est une expérience subjective qui peut ne pas avoir de traduction physiologiques particulières.

Notre mode habituel de conscience est un mode limité, réducteur, défensif, constitué d'un mouvement incessant et incontrôlé de pensées et de fantaisies intimement liés à nos besoins et à nos défenses, mouvement qui influe de façon très puissante et souvent inconsciente non seulement sur nos comportements mais également sur nos perceptions. De façon générale, la psychologie occidentale considère ce type de conscience comme la normalité.

 

La distinction entre la conscience et le contenu de la conscience tend à passer inaperçue.

L’attention, le soi témoin, est le fondement de la vie consciente, l’arrière-plan, le terrain où coexistent tous les éléments du monde intérieur ; elle est différente des pensées, des sensations et des images.

Il y a une distinction fondamentale entre l’observateur, le témoin et le contenu de la conscience.

Cette distinction entre l’observateur et le phénomène observé est fondamentale.

Le moi observateur est habituellement appelé le Soi avec la majuscule, ou le témoin ou la pure présence ou la pure attention ou la conscience en tant que telle.

 

Arthur Deikman et Ken Wilber sont certainement ceux qui ont les mieux analysés les niveaux de conscience.

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(13) VIGNE J., Méditation et psychologie, éd. Albin Michel, 1996.

Le psychiatre Arthur Deikman à finement analysé les niveaux de conscience qu’il a ramené à deux et définit comme : la conscience bi-modale. Il distingue sans les opposer, conscience ordinaire et conscience témoin ou mode réceptif car son objectif n’est d’agir mais de recevoir.

La conscience ordinaire ne peut résoudre la question du sens. Cette conscience axe son approche sur une attitude possessive-défensive et est en définitive incapable de donner un sens à son entreprise.

Arthur Deikman rejoint les psychiatres C. G Jung et Victor Frankl sur l’importance de la question du sens de la vie.

Selon Arthur Deikman il existe une conscience témoin que l’on peut tenter de se représenter comme l’espace dans lequel existent pensées, émotions et sensations, mais qui est distincte de ces contenus. De fait, la nature particulière de cette instance, conscience sans contenu, fait qu’on ne peut se la représenter, qu’elle n’est pas un objet, quelle est inaccessible aux sens et à la raison et qu’elle ne peut être expérimentée que par un savoir directe et intuitif. Antérieurement à la pensée, à l’émotion, à la sensation et à l’action parce qu’elle les expérimente, en est le témoin et peut s’en désidentifier, la conscience témoin est le centre ou le cœur de notre identité.

On reconnaît dans la démarche d‘Arthur Deikman un écho des observations de Maslow sur l’expérience-sommet, les énoncés d’Assagioli sur le soi supérieur ou transcendant. L’apport d’Arthur Deikman en une analyse et en une théorisation plus précises de la conscience désautomatisé, et en une analyse plus fine des modalités d’accès, à la conscience témoin. Selon Deikman "derrière vos pensées et vos images se trouve l’attention, et c’est là que vous êtes ".

Pour Ken Wilber l’accès à la conscience témoin peut se concrétiser dans l’expérience-sommet, de Maslow. Elle se caractérise par la capacité de la conscience d’être un Témoin, un témoin capable d’observer, sans manipuler et sans s’y identifier, le courant d’événement intérieurs et extérieurs.

Dans son premier ouvrage important, " Psychologia perennis : le spectre de la conscience " (11). Ken Wilber propose un modèle de la conscience où la personnalité humaine est une manifestation ou une expression d’une conscience unique, fondé sur la pensée d’Aldous Huxley la " Philosophia perennis " (12).

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(11) WILBER K., in, Au-delà de l’ego, éd. De la Table Ronde, 1984.

(12) HUXLEY H., La philosophie étenelle, éd.Librairie Plon, 1977.

Charles Tart, professeur de psychologie s’intéresse depuis plus de trente ans aux E.M.C. et les a étudiés avec une grande rigueur scientifique dans son laboratoire, à l’université de Californie, à Davis. Une science qui prétend connaître scientifiquement l’homme sans tenir compte, du sens de la vie et de la communication de l’être humain avec l’évolution de l’univers ne peut être considérée comme une psychologie satisfaisante. Chez l’être humain, il existe de multiples niveaux de conscience : l’état ordinaire de conscience n’est pas le seul état sain. La conscience n’est pas un simple produit du cerveau.

4.1.4- Relaxation.

La relaxation est profondément liée à l’histoire de l’humanité et de toutes les civilisations. On la retrouve à l’aube de tout les grands courants de pensée.

La racine première du mot, empruntée au latin relaxatio signifie le repos la détente.

" Le terme relaxation défini comme " diminution ou suppression d’une tension " est utilisé dès le XIVè siècle dans la langue française. Si on le retrouve dans son sens physiologique chez Ambroise paré, il n’apparaît sous son acception thérapeutique que depuis une quarantaine d’années " (5). La relaxation met en évidence deux composantes : la décontraction musculaire et la détente de l’esprit. Quel que soit la technique, les différentes méthodes de relaxation induisent trois grands types de variables de modifications de l’état de conscience. Le fonctionnement cérébral et la neurophysiologie ; le fonctionnement somatique et métabolique et enfin le vécu subjectif et la psychologie.

4.1.5- Respiration.

 

Avant l’utilisation de la respiration de base, il est important d’apprendre aux personnes " à respirer autrement ", en effet la respiration se modifie selon les besoins de la vie et de la sphère psychoaffective, elle est donc à la base de tout travail de relâchement.

L’oxygène de l’air est indispensable, en particulier, au bon fonctionnement du cerveau et des muscles. La respiration est à la base de notre équilibre physique et psychique.

 

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(7) Dictionnaire de la sagesse Orientale, éd Robert Laffont, 1989.

(5) ERLICH M., Relaxation actualité et innovation, éd L’Esprit du Temps, 1995.

 

La respiration représente le premier contact de l’être humain avec son environnement naturel. Du premier cri du nouveau-né, jusqu’au dernier souffle du mourant, sans relâche la respiration accomplira sa mission ; nourrir l’être physique de la principale force vitale, l’air ambiant.

La respiration, c’est le souffle, c’est la vie. Elle mobilise l’énergie de l’air, " le prana , respiration, souffle vital. Energie cosmique qui pénètre et conserve le corps et se manifeste sous forme de souffle dans les créatures " (7), terme sanskrit dont parle la tradition indoue, dans ce rythme naturel et ininterrompu de la succession de l’inspir et de l’expir, rythme tranquille qui peut brusquement se limiter, s’accélérer, se saccader, se bloquer ou devenir irrégulier selon le vécu du moment.

 

L’angoisse interdit la respiration paisible par exemple. Mais le seul fait de prendre conscience de sa respiration permet de le la modifier de façon volontaire. La respiration nous permet d’être dans la sensation.

Apprendre à, respirer autrement, c’est prendre conscience de sa respiration et utiliser le souffle comme circulation d’énergie. C’est retrouver la circulation abdominale qui est naturelle chez le nouveau-né, le dormeur profond, le chat ou le chien au repos.

 

Elle repose sur la mobilisation du muscle du diaphragme qui ferme en bas la cage thoracique et dont la vocation est essentiellement respiratoire. Il est le lien entre le haut et le bas du corps et sa mobilisation assure, dans un mouvement de piston, la communication entre les organes abdominaux et le volume thoracique.

Le cycle respiratoire correspond à la pénétration de l’air dans les poumons, puis à son rejet. Le diaphragme, qui s’abaisse en se contractant, crée dans les poumons une pression inférieure à la pression atmosphérique, ce qui attire l’aire dans les poumons. Le diaphragme en se relâchant crée un phénomène inverse et permet l’expulsion de l’air vicié.

La respiration abdominale permet alors la libération des tensions thoraciques, épigastiques et abdominales, ces cuirasses musculaires dont parle Lowen dans son analyse bioénergétique en lien avec les cuirasses défensives caractérielles de Reich. Le souffle circule librement. L’inspir apporte de l’oxygène et de l’énergie positive, l’expir chasse le gaz carbonique et draine les tensions négatives, et la concentration sur la respiration apaise l’agitation du mental.

Une respiration abdominale posée de façon naturelle génère la détente musculaire et peut donc modifier l’état de conscience pour amener au seuil sophroliminal.

 

Notre vie est rythmée par cet acte répété et continu. Notre respiration est un phénomène vital du premier souffle du nouveau né, jusqu’au dernier souffle de vie ;

mais c’est aussi le seul phénomène vital qui soit à la fois automatique et volontaire :

automatique, c’est-à-dire passif : c’est une source d’énergie que l’on reçoit, qui nous fait vivre à chaque instant ; volontaire, c’est-à-dire actif ; c’est une source d’énergie que l’on prend, qui nous nourrit, que l’on entretient.

La respiration est une force de liaison qui crée l’équilibre du corps et de l’esprit, qui grandit tout l’être.

 

La respiration est une fonction vitale par excellence, elle est d’une importance non négligeable tant sur les plan physique que psychologique et symbolique ;

La respiration est le train d’union entre l’intérieur de notre corps et l’extérieur.

L’inspiration permet de recevoir.

L’expiration permet de donner

Recevoir la vie, le monde.

Donner l’air ancien mais aussi évacuer le passer le négatif pour s’ouvrir sur le présent, l’avenir, le positif et surtout lâcher prise !

Au niveau physiologique, la respiration retentit sur le système végétatif autonome ( et réciproquement) et donc sur le tonus musculaire.

Lors de l’expiration, nous pouvons observer une réponse du système parasympathique avec une diminution du tonus.

Les deux phases respiratoires sont l’ouverture et la fermeture. De la respiration, les traditions les plus diverses ont retenu le rythme binaire.

  1. 4.2- Sophronisation de base.

La sophronisation est le processus selon lequel le sujet est progressivement conduit vers un niveau de conscience appelé " état sophronique ", différent de son niveau de conscience ordinaire. En effet, la sophronisation consiste à amener le sujet, par le biais du Terpnos logos (paroles énoncées suivant un rythme régulier), dans un état de détente le plus profond possible, à éliminer toute tension musculaire, ce qui conduit à abaisser son niveau de vigilance jusqu’à atteindre un seuil dit " sophro-liminal ", " zone X "ou encore " état crépusculaire ", situé entre la veille et le sommeil. Les techniques de sophrologie peuvent alors être appliquées dès cette étape.

 

 

4.3- Sophronisation statique.

La sophrologie utilise des techniques qui sont soit, recouvrantes ou découvrantes, elles se pratiquent sans exécuter de mouvements

4.3.1- Techniques recouvrantes.

  • Sophro-Acceptation-Progressive (S.A.P.) : le sujet va être amené a vivre par anticipation une action, une situation à venir dans un avenir plus où moins proche, réelle et non fictive sous son angle le plus positif
  • Sophro-Correction-Sérielle (S.C.S.) : le sujet vie étape par étape, une situation jusque là anxiogène, phobie par exemple, en la remplaçant par un vécu positif.
  • Sophro-Subsitition-Sensorielle (S.S.S.) : c’est substituer une sensation corporelle à une autre, dans un but d’anesthésie ou d’analgésie.

4.3.2- Techniques découvrantes.

  • Sophro-anamnèse : cette technique donne des renseignements, des repères au sophrologue quand à l’histoire psychologique et affective du sujet en faisant remonter à la conscience des situations vécues dans le passé.
  • Sophro-mnésie : son but est d’intégrer à la conscience du sujet la causes de ses conflits, de ses symptômes.
  • Sophro-analyse : c’est laisser venir librement les images mentales et leurs associations, afin de facilité l’accès à l’imaginaire et l’activation du processus thérapeutique.

4.4- Relaxation dynamique.

Cette technique condense en une synthèse originale des procédés d’activation psychophysique issue de pratique orientale. Elle est particulièrement adapté à la pratique de groupe. Les deux termes " relaxation " et " dynamique " ne sont nullement contradictoires. En effet, pour pouvoir être dynamique et efficace il est nécessaire d’être à la fois relaxé et détendu.

L’un des intérêts essentiels de essentiels de la relaxation dynamique est de faire prendre conscience du schéma corporel et de travailler à l’élaboration de l’image de notre corps. La synthèse devient complète dans la visualisation, de l’image générale, l’image de notre corps étant à la fois réception et représentation.

5.    4.4.1- Relaxation dynamique du 1er degré (R.D.1).

    Cette technique réalise une approche sophrologique de techniques de raja-yoga, et est divisée en deux partie. Dans la première, des exercices respiratoires puissants sont utilisées dans l’ici et maintenant. Dans la seconde partie, le sujet fixe son attention sur un objet naturel pendant toute la séance. Il s’agit d’une méditation sur un objet naturel extérieur au corps dans lequel on projette progressivement sa conscience. La séance debout est suivi d’une phase couché où le sujet prend conscience de l’unité corps-conscience.

  1. 4.4.2- Relaxation dynamique du 2e degré (R.D.2).
  2. Méthode concentrative : réalise une approche sophrologique de techniques bouddhistes tibétaines. Elle permet de mettre en avant la notion de conscience enveloppante. La majorité des exercices, à l’exception du premier, se font assis sur une chaise, cette technique comporte deux partie.

  3. 4.4.3- Relaxation dynamique du 3e degré (R.D.3).

    Méthode contemplative : réalise une approche sophrologique de techniques issues du zen.

    Cette technique comporte deux partie.

      7.   4.4.4- Relaxation dynamique du 4e degré (R.D.4).

    Méthode méditative : est une synthèse des trois premiers degrés. Cette pratique relativement longue ne peut se faire sans avoir assimilé au préalable les autres degrés de la Relaxation dynamique.

     

     

  1. 4.4.5- C.G.JUNG

 

 

Schéma R.D.C. en relation avec l’approche de Jung selon le Dr Yves DAVROU.(3)

SOCIETE EDUCATION

 


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(3) DAVROU Y., La sophrotérapie, éd Retz, 1981.

 

Selon C.G.Jung le cercle représente le symbole de la totalité psychique, aux quatre points cardinaux figurent les quatre fonctions fondamentales qui sont données à chaque individu ; ce sont la pensée, l’intuition, le sentiment et la sensation.

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(4) JACOBI J., La psychologie de C.G.Jung.

4.5- Training Autogène Modifié (T.R.A.M.).

Méthode dérivée du Training Autogène de Schultz qui fut un des premiers a tenir compte de l’être humain dans sa globalité physique et psychique. Le T.R.A.M. est une passerelle entre les techniques statiques et les techniques dynamiques. Elle fait partie des techniques pédagogique et thérapeutique du sophrologue, elle se pratique surtout en groupe.

4.6- Rêve éveillé.

La technique du Rêve Eveillé Dirigé (RED) mise au point par Robert Desoille en 1923 issue de la méthode de l’ancien polytechnicien, puis colonel Caslant.(2).

Production imaginaire, expression de l’onirisme éveillé, utilisé dès les années 1930 dans un but thérapeutique. Mobilisation active de l’imaginaire en en situation de relaxation, par des suggestions d’ascensions et de descentes avec le projet d’explorer " l’affectivité subconsciente " et d’atteindre " la partie supérieur de la psyché qui n’est pas uniquement coloré par l’instinct ". L’espace imaginaire y apparaît comme une métaphore de l’espace psychique.

Son évolution théorique ira de la sublimation freudienne (1938) à une conception pavlovienne et la recherche de nouveaux stéréotypes dynamiques (1961), en passant par une orientation jungienne de mobilisation des archétypes (1945).

Le Rêve Eveillé offre la possibilité de vivre un scénario intérieur dans un espace imaginaire. Le Rêve Eveillé se pratique en individuel ou en groupe. La fréquence des séances est habituellement de une à deux par semaine. Le Rêve Eveillé s’adresse à des sujets ayant des difficultés existentielles et relationnelles, souffrant de troubles névrotiques les plus diverses

Cette technique est intégrée dans le troisième degré de la relaxation dynamique avec comme exemple la traversée des sept vallées, est particulièrement efficace lorsqu’elle associée à l’état sophroliminal dans le dénouement des tensions psychologiques. Elle mobilise particulièrement les ressources de la visualisation et de l’imagerie mentale, grâce à l’utilisation dynamique des symboles, qui réunifient et restructurent l’individu, dans un processus de croissance et d’épanouissement qui permet à la personne de re-prendre contact avec sa totalité, tout en donnant une direction, un sens à sa vie. La conduite du rêve éveillé peut se montrer plus ou moins directive. Le rêve éveillé diffère du rêve nocturne, car il est transmis oralement à l’autre, il ne s’oublie donc pas. Lors d’une séance en groupe, le sophrologue a la possibilité de proposer ses propres images ou son propre scénario récit onirique), tout en y intégrant des zones vierges ou de silence offrant la possibilité aux personnes de laisser librement apparaître leurs versions (perceptions) et sensations des images ou des symboles induits.

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(2) Guerdon D., Le rêve éveillé, éd Oniros 1993.

4.7- Approche symbolique.

Chap.II : Du Social.

  1. Introduction.
  2. L’émergence du social est une réponse au paupérisme : état d’une de très grande misère d’une population, d’un groupe humain. Les responsables de l’assistance sociale pensent que le seul problème est financier et qu’il n’y a rien à changer dans la situation ou dans le comportement des personnes.

    Le sens étymologique du mot social est : qui a trait à la société.

    Il y a un lien direct entre social et société.

    Le terme social a acquis au XVIIIéme siècle le sens de ce qui est propre à la vie humaine dans son aspect qui est propre à la vie humaine dans son aspect collectif. Ce sens est très général et fondamental se renforce au cours du XIXème. L’importance du social comme dimension de l’existence humaine s’affirme, et l’on va inventer une science pour l’explorer : la sociologie.

    Au XIXéme siècle, l’intervention du " social " a permis de gérer les tensions nées de l’affirmation de l’égalité des droits politiques et de l’impossibilité de réaliser l’égalité économique.

    Le social est ce qui contribue à résoudre une question sociale et plus précisément la question sociale de l’époque.

    L’assistantiel classique a été rebaptisé aide sociale.

    L’évolution du social lui a permis d’atteindre sa configuration actuelle et d’affirmer sa singularité. Le social engage la société tout entière, pas seulement l’état ou les professionnels.

    Ce qui caractérise l’assistance sociale nouvelle, outre qu’elle s’adresse souvent à des personnes ayant déjà des ressources propres, c’est l’importance de son intervention Il peut même n’y avoir aucune aide financière, il y a toujours intervention. L’objectif est de transformer la situation, les capacités, le comportement de la personne. Conseil, soutien, accompagnement, information. : l’intervention vise à faire disparaître la carence qui l’a rendue nécessaire. Il faut combler le handicap ou le réduire, le contourner ; combler ou aider à surmonter le décalage qui est apparu entre les la personne et les exigences du fonctionnement normal de la société, fonctionnement qui devient complexe, et dont chacun dépend de plus en plus.

    Autre caractéristique nouvelle : on tend à dépasser, au moins en principe, la problématique de la lutte contre la pauvreté. Il ne s’agit plus seulement de combattre la misère et ses séquelles : on prétend contribuer au bien être de tous. L’objectif est d’améliorer le cadre de vie, de mettre à la disposition de la population des services qui facilitent la vie, et de lui en permettre l’accès, de l’aider plus généralement à faire face aux exigences de l’évolution de l’environnement matériel, social, administratif, culturel estimé précisément facteur de bien être. C’est pourquoi la nouvelle assistance ne s’adresse pas seulement aux pauvres, mais très largement à toute personne qui ne peut se tirer d’affaire toute seule dans ce nouveau contexte. On peut noter que l’évolution du coût de la vie, en particulier du logement, de la santé, de l’éducation des enfants, de la vie, en particulier du logement, de la santé, de l’éducation des enfants, de l’accès aux loisirs, met en difficulté des couches de la population qu’on peut cependant considérer comme pauvres.

    La nouvelle assistance adopte massivement une approche individuelle des situations. L’intervenant social s’adresse à une personne ou à une famille, et c’est leur situation particulière qu’il cherche à faire évoluer.

    Chaque individu a quelque chose de particulier dans son cas. Cet élément humain est introduit dans l’application des lois et dans le jeu des institutions par le service social.

    La travailleur social a souvent pour première tâche d’établir un diagnostic de la situation particulière ; l’objectif est de vérifier si la personne a droit ou non à un secours financier : la préoccupation étant d’éviter des dépenses injustifiées. Mais l’objectif essentiel de l’enquête est d’établir un diagnostic afin d’orienter le travail qu’on va entreprendre avec la personne ou la famille. Le travailleur social recherche dans la famille les causes individuelles de malaise économique et physiologique, pour la doter d’un plan de vie.

    La nouvelle assistance : le professionnalisme. L’intervention est le fait de professionnels, et le développement de la nouvelle assistance s’identifie pratiquement avec le développement du travail social.

    La tâche qui va mobiliser les travailleurs sociaux consiste à aider tous les citoyens à faire face aux exigences de la vie moderne, contribuant ainsi à leur bien être et à la bonne marche de la société ; Il y a à la fois lutte contre les causes du mal-être et amélioration des performances de chacun, pour prévenir les maux éventuels et pour participer au progrès.

    Pour ce faire, le travail social se développe à partir d’occasions diverses :

    Le développement des politiques d’hygiène sociale, la préoccupation du bon développement de l’enfant en relation avec la protection maternelle et l’école, la bonne marche de la famille, les relations des personnes avec les institutions, l’accueil des immigrés, l’aide aux handicapés.

    Au fur et à mesure de son développement, le social acquiert suffisamment de poids et de consistance pour marquer de plus en plus clairement ses frontières vis-à-vis des autres champs : ceux du maintient de l’ordre (police, justice), de la santé de la culture, de l’éducation…Les frontières existent, même s’il y a des zones mixtes : le médico-social, le socioculturel, le socio-éducatif…

    Le social est fondé est fondé sur un engagement de la collectivité qui se reconnaît une mission à l’égard de certains de ses membres dans certaines circonstances et qui s’organise, se donne les moyens structurels pour remplir cette mission, en particulier par le recours aux professionnels.

    Le social a ses logiques propres, ses critères de légitimité et de réussite, ses modèle d’organisation et de fonctionnement, sans avoir à s’aligner sur les modèles du politique, de l’économique du sanitaire, du juridique ou de l’éducatif…

    Dans les rapports de force qui existent entre ses différents champs, le social est le plus souvent du côté des dominés que de celui des dominants. Il garde cependant une vraie autonomie ; l’utilité, voir la nécessité, de son existence et de son développement s’est imposée.

  3. Travail Social

Le travail social est confronté à l’exclusion

L’expression travail social apparaît dans les années 60. Elle se définit traditionnellement à partir de populations-cibles ou à partir de problèmes prioritaires (lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies, aide médico-psychologique, gestion du budget familial…)

Ce mode d’intervention présente l’inconvénient de stigmatiser les personnes concernées, de les isoler du reste de la population par un découpage arbitraire et de s’adresser à elles à partir de leurs difficultés et de leurs carences et non à partir de leurs capacités.

L’expression travail social concerne un ensemble d’activités sociales exercées par des hommes et des femmes, dans des structures publiques ou privées, en direction d’individus ou de groupes défavorisés. Façonnées dans une période de croissance, les conditions d’exercice du travail social ont été profondément modifiées par la montée du chômage, l’extension de sa durée et le développement des phénomènes d’exclusion. La décentralisation transforme aussi les conditions de l’action publique. Les travailleurs sociaux sont aujourd’hui confrontés à une nouvelle demande sociale, moins centrée sur l’aide que sur l’insertion. Ils ne s’y sont pas forcément préparés.

Le travail social trouve son apogée dans les années 70 avec la mise en œuvre de l’action sociale globale. Il s’organise progressivement autour d’une mosaïque de professions sociales hétérogènes qui ont pour mission initiale de réduire les inégalités et d’aider ceux qui se retrouvent marginalisés. Cependant, l’exclusion, l’exclusion dans ses années de croissance, est causée essentiellement par des dysfonctionnements de nature individuelle (inadaptation, déviance, handicap). Les interventions des travailleurs sociaux sont donc majoritairement individualisées. Les personnes qui travaillent dans ce secteur. Ils sont répartis en deux sous-groupes :

  • Ceux qui interviennent dans les domaines de l’aide aux familles (assistantes sociales, conseillers en économie sociale et familiale, travailleuses familiales…) et de l’aide à domicile (auxiliaires de vie, aides ménagères, assistantes maternelles…) ;
  • Ceux moins nombreux qui agissent dans le domaine de l’éducation ( éducateurs

spécialisés, moniteurs éducateurs, éducateurs de jeunes enfants, animateurs sociaux…).

Ces différentes professions sociales n’ont pas de statut homogène puisque leur statut dépend en fait de celui de leur employeur (Etat, collectivités territoriales, associations, associations, établissements sociaux publics ou privées…).

Depuis le début des années 80, face à la montée de l’exclusion et du chômage, les travailleurs sociaux prennent en chargent de nouvelles missions. Ils ne sont pas préparés aux nouvelles activités d’insertion qu’ils sont amenés à exercer, le RMI en est le meilleur exemple, les travailleurs sociaux traversent ainsi une crise d’adaptation.

Trop souvent confrontés à la nécessité de régler des problèmes dans l’urgence, les professionnels du travail social se demandent quel est le sens de leur mission et quelles sont les perspectives d’avenir.

Les difficultés rencontrées dans l’exercice du travail social s’inscrivent dans le contexte plus général d’une crise de l’action sociale.

Le déplacement de la question sociale vers l’exclusion entraîne une réorientation du travail sociale vers le domaine économique.

Le travail social ne peut plus considérer l’exclusion comme s’il s’agissait d’une situation individuel d’inadaptation.

Aujourd’hui, l’Etat prend en charge les besoins des individus selon des processus qui paraissent sans limite et la société s’interroge sur une nouvelle définition de la solidarité.

Le travail social

Quelle place les personnes définitivement exclues de l’emploi trouveront-elles dans la société ?

Le travail social est amené à composer entre les injonctions de la société instituée qui veut contrôler et normaliser et la culture particulière d’exclus qui, conscients de leur situation défavorable, cherchent d’abord à préserver leur autonomie et à faire valoir leurs intérêts. En situation de tiers médiateurs médiateur, le travail social représente un point stratégique autour duquel peuvent se développer de multiples transactions, génératrices de nouveaux liens.

La situation des exclus dans la société pose la question de la nature du lien social, fondamental et insaisissable, nécessaire à la vie et cependant fragile.

Le lien social s’inscrit dans un processus, non seulement au niveau de l’individu mais aussi de sa lignée. Il est assez fort pour se jouer du temps et de l’espace. La socialisation devient un processus issues non seulement de la famille et de la classe d’origine, mais de l’ensemble des systèmes d’actions traversés par l’individu au cours de son existence.

Plus qu’aucune autre, notre époque est marquée par le déracinement des hommes et par l’éclatement des sociétés traditionnelles. Rupture du lien social : c’est la rupture des liens qui rattachaient la personne à l’ensemble du ou des systèmes dont elle fait partie.

Cette rupture se situe à différents niveaux :

-Sociale, elle affecte les relations interpersonnelles au sein de la famille, de la cité

-Psychologique, elle concerne les liens de la personne avec elle-même

-Ontologique, elle concerne les liens avec l’espèce humaine

-Cosmique, elle affecte les liens avec les éléments naturels tels que le ciel(via la religion), la terre (la perte des racines), ou d’autres éléments de l’univers.

  1. Exclusion.
  2. Il était une fois l'exclusion : l'exclusion se saisit d'une personne, l'extrait de son champ habituel pour le prendre dans son territoire et, en un instant, le voilà devenu un exclu. Il franchit le seuil et dans un autre monde. Le terme d’exclusion n’est véritablement utilisé que depuis quelques années, il n’est que le prolongement du concept de nouvelle pauvreté forgée au début des années 1980 pour désigner tous les individus qui sont les principales victimes de la crise économique connaissant des difficultés multiples que les sociologues englobent sous le vocable de disqualification sociale.

    En quelques années, le terme d’exclusion s’est progressivement imposé dans le vocabulaire moderne donnant à cette notion une signification et une résonance conformes à l’ampleur des difficultés que connaissent les individus touchés par la précarité. Aujourd’hui le concept d’exclusion est passé dans le langage courant.

    L’exclusion est le signe révélateur d’un changement de société, concept inventé par une société qui s’interroge sur elle-même.

    La monté de l’exclusion est un défi sans précédent lancé aux sociétés contemporaines qu’elle attaque dans ses fondements. L'admission en exclusion est un risque pour tout le monde.

    Aujourd’hui il est beaucoup plus facile de fabriquer des exclus que de créer des emplois.

    L’exclusion moderne n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’une négation de la fraternité entre les hommes.

    Les problèmes que posent les exclus à la société contemporaine trouvent leurs racines dans l’histoire complexe de la pauvreté en Occident. Aujourd’hui comme hier, selon qu’elle est attribuée à l’incurie individuelle ou à l’injustice de la société, la pauvreté appelle des mesures de coercition ou des programmes d’aide inspirés par la charité chrétienne ou l’humanitarisme laïc.

    L'exclusion n'est jamais liée à un facteur isolé mais elle se caractérise plutôt pour une personne par une accumulation de pertes (travail, famille, logement, santé, identité, etc...).

    Elle est le résultat du dysfonctionnement d'une société et donc des individus qui la composent.

    La mise en place d'un "revenu minimum de survie" : le Revenu Minimum d'Insertion met en avant un mécanisme d'exclusion qui induit un cycle de dé-socialisation. C'est un mécanisme qui commence dès la naissance : par l'appartenance à une famille, la dépendance lié à la classe sociale, les capacités financières ou la précarité, les conditions d'habitat décentes ou insalubres, l'environnement social, les structures de formation le travail.

    Par ailleurs, les exclus, dés lors qu’ils sont âgés de plus de 25 ans, sont susceptibles de percevoir le RMI et donc d’intégrer le groupe des rmistes, nantis d’un contrat d’insertion ils sont censés aller vers l’insertion.

    Seule l’impossibilité de travailler, d’où qu’elle vienne, justifie l’aide de la collectivité. Que l’être humain puisse bénéficier du droit d’être aidé pour l’unique motif qu’il a une valeur inestimable en tant qu’être humain cela n’apparaît pas.

    L’exclusion est devenue une préoccupation majeure de notre société, du fait des risques de fractures sociales qu’elle comporte. Les travailleurs sociaux, les associations, les institutions qui concourent à l’action sociale s’interrogent : les problèmes s’aggravent et les solutions mises en places ont toujours un temps de retard ; de plus, au fur et à mesure que des dispositifs s’organisent, de nouvelles difficultés apparaissent, si bien que l’on est constamment contraint de créer de nouveaux services et d’inventer de nouveaux spécialistes. La chaîne de prise en charge des problèmes sociaux et de leurs conséquences paraît sans fin, alors que les budgets sont limités.

    L’exclusion s’inscrit dans des rapports de domination. Elle a pour corollaire l’asservissement et de la dépendance. A terme, en appauvrissant le lien social, la domination peut menacer l’équilibre de la personne.

    Cependant, la pulsion d’être ensemble demeure. On peut observer comment les exclus développent des traits culturels particuliers qui se manifestent dans leurs rapports au corps et à l’argent, dans leur gestion du temps et dans leurs rapports avec les groupes dominants.

    Les effets de l’exclusion sur les modèles culturels et le système de valeurs de ceux qui la subissent. Les valeurs inspirent des manières d’être ou d’agir qu’une personne ou une collectivité reconnaîtront alors comme idéales. Elles donnent une cohérence à l’ensemble des règles dans une société ; elles sont un élément de l’unité psychique des personnes, en permettant d’intégrer la perception de soi et du monde et en permettant la motivation ; enfin elle déterminent l’intégration sociale.

     Les personnes ont des difficultés (crainte, peur, honte lié à un sentiment d’échec, gène, être rabaisser) à demander de l’aide. Mais quand ils sont pris à la gorge, il faut bien faire quelque chose.

    Le chômage est la principale source de l’exclusion. il existe une dynamique de l’exclusion qui s’enracine dans la précarité du travail ; La perte de l’emploi signifie à la fois la précarité économique et la fragilisation du lien social.

    En ,même temps que la Société produit de l’exclusion, elle recherche l’inclusion. Le travail social a été inventé pour gérer le rapport paradoxal inlusion-exclusion. L’exemple du RMI illustre l’ambiguïté de cette situation.

    Dans un tel contexte que peut-être l’insertion des allocataires du RMI ? Un glissement s’opère. Progressivement, progressivement l’emploi n’est plus la référence unique ; la notion de contrepartie s’estompe au profit d’une notion plus souple qui pourrait être celle d’accompagnement du contractant dans sa situation présente. On admet de mieux en mieux u’un individu puissent être inséré alors même qu’il n’a pas d’emploi ou de revenu régulier et que le RMI lui permette, par l’allocation ou par des prestations en nature, de mieux vivre sa situation. Cette évolution consacre l’échec des politiques de l’emploi. L’exclusion n’est plus ni résiduelle, ni transitoire ; elle est durable.

    En écartant de l’emploi une proportion de plus en plus grande de travailleurs déqualifiés, la société les condamne à l’exclusion sans espoir de réinsertion pour un grand nombre d’entre eux. En même temps elle leurs assigne pour projet une insertion sociale indéfinie, en ignorant les modalités particulières de leur socialité, dans leurs propres réseaux.

    Les travailleurs sociaux sont chargés de gérer cette situation. La difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité de réaliser une telle mission n’est sans doute pas pour rien dans le déficit des contrats d’insertion.

    Une société commence à se résigner au dualisme lorsqu’elle accepte la précarité et la vulnérabilité comme des états de fait ; voire lorsqu’elle les recherche au nom de la rentabilisation de l’appareil productif d’une part, et de la promotion de l’individualisme comme valeur éthique suprême de l’autre. En instituant par le travail une séparation entre ses zones d’intégration et ses zones de désintégration, notre société affirme sa dualité.

    L’ambiguïté de la notion d’insertion se vit quotidiennement au niveau des acteurs. Elle est à l’origine de dissensions entre les allocataires, les instructeurs et les CLI

    Ces tensions interrogent notre conception de vivre ensemble et mettent en évidence le poids des déterminismes économiques alors que, pour beaucoup d’allocataires, l’insertion reste liée au travail.

    Il est permis de s’interroger quant " à la capacité de notre société d’assurer une solidarité qui ne soit pas une assistance condescendante aux malheureux mais qui garantisse à tous la participation au registre complet des droits. On parle ainsi d’un droit à l’insertion. Mais que serait le statut d’une personne qui serait seulement insérée, un statut d’inséré perpétuel pourrait-on dire, c’est-à-dire pour qui l’insertion serait un état, au lieu d’être une étape vers la conquête de la plénitude de la citoyenneté.

    L’exclusion a un sens différent suivant que l’on se place du point de vue de la personne objet de cette attribution, du point de vue de la société qui la définit ou du point de vue du travail social pour en assurer le contrôle ou la gestion.

    Le concept d’exclusion n’a pas été inventé par les exclus mais par une société qui s’interroge sur elle-même.

    L’exclusion ne peut cependant être réduite à l’inadaptation individuelle

    Si le chômeur disqualifié dans le champ de la production industrielle l’est aussi dans le domaine relationnel et culturel, ses chances de retrouver un emploi sont de plus en plus faibles. Globale, radicale, l’exclusion paraît désormais sans retour.

    L’exclusion s’imprime dans la vie quotidienne, elle touche à la fois aux conditions de vie matérielles et au système relationnel. La précarité économique tend à se cumuler avec la pauvreté du réseau relationnel et la faiblesses des capacités culturelles. Ils développent des cultures particulières, leur comportement face à l’argent, leur rapport au corps leur mode de gestion du temps constituent autant d’indices d’une identité spécifique.

    La prise de contact avec le travailleur social est l’enjeu conflit intérieur. Si la démarche présente un intérêt économique, elle a aussi un coup : celui de la violation de l’espace privé.

    Il faut noter que, si la situation de la personne exclue la conduit à éprouver un sentiment d’inégalité, parfois de mépris ou de solitude, celle-ci ne définit pas pour autant son rapport à la société en utilisant les catégories d’exclusion ou de non-insertion. Le lien est plus ou moins satisfaisant à ses yeux, mais il existe et il est vital

  3. Revenu Minimum d’Insertion.

La loi du 1er Décembre 1988 sur la mise en place du Revenu Minimum d’Insertion a permis de lier de façon étroite l’aide financière et l’insertion sociale et professionnelle sur la base d’un contrat entre l’individu et l’état.

Grâce à ce dispositif, les personnes les plus démunies se sont vues attribuer un secours financier ou " minimum vital " leur garantissant des ressources, une couverture sociale, une aide au logement et des droits sociaux. En retour, ces personnes s’engagent à la signature d’un contrat d’insertion traduisant un engagement réciproque et négocié en vue de leur insertion sociale et professionnelle. Si chaque contrat doit être adapté à la personne, les objectifs normatifs de la société sont réaffirmés au travers du mode d’évaluation du travail des services instructeurs : l’efficacité et le rendement direct de l’insertion. Le chiffrage systématique des résultats (le contrôle social) apporte, outre un regard sur l’évolution du dispositif, un moyen efficace de faire peser sur les allocataires une pression normalisatrice par l’intermédiaire des services instructeurs

L’allocation attribuée pour une période de trois mois et prorogé au vu du contrat d’insertion, le versement de celle-ci peut être suspendu pour non-respect imputable au demandeur. Le rôle des travailleurs sociaux est redéfini, l’intervention sociale, désormais visible, passe du suivi social à l’accompagnement social.

Le circuit d’insertion du RMI :

1 - Demande de la personne auprès du service instructeur : Maison du département, Organisme agrée, Centre communal d’action sociale, Autre.

2 - Signature du contrat d’insertion.

3 – Transmission du contrat d’insertion à la Commission Locale d’Insertion.

4 - validation du contrat.

5 - Transmission du contrat d’insertion à la Direction départementale de l’action sanitaire et sociale pour décision du Préfet.

6 - Transmission du contrat d’insertion à la Caisse d’Allocations Familiales.

  1. Envoi de la notification de décision au service instructeur.
  2. Envoi de la notification de décision à la personne et paiement de l’allocation

Pour le RMI le noyau central du dispositif est le CDI (Conseil Départemental d’Insertion) et le PDI (Programme Départemental d’Insertion) qui enclenche une synergie avec les CLI (Commission Locale d’Insertion). Chaque CLI s’est doté : d’une CTI (Cellule Technique d’Insertion), d’un PLI (Plan local d’insertion)

Pas de RMI sans Programme Départemental d’Insertion : cette exigence est inscrite au cœur de la loi de décembre 1998. Le législateur a précisé en juillet 1992 les moyens à engager pour atteindre cet objectif en réaffirmant la nécessité pour chaque département de se doter d’un programme d’insertion ; chaque programme doit s’appuyer sur les Plans Locaux d’Insertion élaborés au plus près des réalités et des besoins par les Commissions Locales d’Insertion.

Le Programme Départemental d’Insertion donne l’occasion de prendre connaissance de ce qui a été fait et de ce qu’il reste à faire pour l’année. Chaque acteur chaque partenaire pourra ainsi appréhender, au plus près, les besoins d’insertion, comprendre le rôle de chaque instance, mesurer les moyens engagés pour que l’insertion professionnelle et sociale demeure, dans le dispositif RMI, une impérieuse nécessité.

Actions inscrite en 1995 dans le Programme Départemental d’Insertion développées selon quatre axes 

1 : créer une dynamique autour de l’efficacité des actions d’insertion.

2 : dynamiser l’offre d’insertion.

3 : renforcer le professionnalisme des acteurs.

4 : donner de la cohérence aux dispositifs d’insertion et dynamiser le partenariat.

Six orientations prioritaires :

1 : la santé.

2 : le logement-habitat.

3 : l’insertion professionnelle.

4 : la formation.

5 : l’insertion sociale.

6 : les bilans diagnostic-orientation.

Dans l’esprit des auteurs de la loi de 1988 et de celle de 1992, le RMI ne devait dans aucun cas être versé de façon pérenne, l’esprit du texte étant de réinsérer l’allocataire dans les circuits de la protection sociale classique ou dans les circuits de l’activité, de la formation et de l’insertion professionnelle ou sociale

Une partie de la croissance des allocataires du RMI à partir de l’année 1992 ne peut trouver son explication que dans un accroissement du nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas droit à une indemnisation.

Le RMI est un révélateur de conséquences sociales des évolutions de notre économie et de nos modes de vie.

Le RMI un minima social.

Il faut également considérer qu’aujourd’hui la moitié de la population percevant le RMI est présente dans le dispositif depuis plus de deux ans, dont 18% environ depuis plus de cinq ans.

Le revenu apporté par une activité salarié est partiellement neutralisé par la réduction de l’allocation. Dans le même temps, la reprise d’activité souvent à durée limitée s’accompagne généralement de charge pour le salarié (transport, garde d’enfant, frais professionnels divers). Du coup, le gain net peut être faible, voir nul ou même négatif dans certains cas et peut engendrer une désincitation au travail.

Le droit au compte bancaire.

Une amélioration du dispositif pourrait-être suggéré, la lourdeur de l’instruction des dossiers concernant le RMI et le nombre de pièces justificatives constituent des facteurs de délais peu compatibles avec le caractère d’urgence que représente cette allocation. Des bénéficiaires potentiels du RMI, ayant déposé un dossier, restent durablement sans aucune ressource dans l’attente d’une confirmation de leur droit, tout au long de l’instruction de leur dossier, qui peut se prolonger pendant plusieurs mois.

La notion " de personnes en difficulté ", définit les publics de l’insertion.

Le rmi ouvre le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence(la révolution française avait institué ce droit)

L’ambiguïté du RMI réside dans le fait qu’il vise la " normalité ".

Le RMI un droit pour les sans droit.

Si le travail apparaît comme un devoir pour l’individu, l’obtention d’un emploi correspond à un droit.

Lors de la signature du contrat d’insertion la plupart des personnes ne savent pas ce quelle signent, c’est un engagement qui est souvent mal compris par les personnes, la signature leur assure juste de toucher le rmi et c’est l’essentiel pour elles.

La loi du 1er décembre 1988 a associé sans la définir l’insertion à l’attribution d’un revenu minimum.

L’exemple du RMI montre que le travailleur social chargé de négocier le contrat d’insertion avec un allocataire va l’inciter à rechercher un emploi ou, à tout du moins, à suivre un stage de formation professionnelle ; Ce faisant, il l’enfermera souvent dans la double contrainte de devoir trouver un emploi et de ne pas y parvenir.

L’injonction d’insertion, inscrite dans la loi du 1er décembre 1988 est en effet doublement impossible, pour des raisons inhérentes au marché du travail dans la majorité des cas et aussi parce que nul ne sait ce que peut-être l’insertion de personnes privées de toute valeur d’échange. Cependant, cette injonction à force de loi ; le fait d’échouer à la réaliser accroît le sentiment d’échec, la double contrainte est le résultat d’un rapport de force social, d’un acte répressif qui concentre la contradiction sur le dominé.

D’autres contradictions peuvent être mises en évidence. Ainsi, la plupart des aides sont facultatives. Il existe un droit théorique d’être aidé, non un droit réel à l’aide ; cette dernière est toujours accordée sur justification, en contre-partie d’une visibilité de la vie familiale difficile à accepter et d’une dégradation de son rapport à la société, vécue par celui qui reçoit un don, sans contre-partie possible. De nombreuses familles refusent ce rapport qu’elle qualifie de charité.

L’aide est accordée comme un palliatif, en attendant de la personne qu’elle n’ait plus les problèmes qui ont motivé la demande ; c’est en quelque sorte un gage d’amélioration. Mais elle agit sur les conséquences, non sur les causes et la plupart du temps, le demandeur tient à ce qu’il en soit ainsi.

Comment agir au niveau des causes, en intervenant que sur les conséquences, tout en manifestant l’injonction d’une modification d’un niveau supérieur ?

Restauration du lien social et de citoyenneté.

S’appuyer sur les potentialités des exclus :

1 La réduction des résistances et le dépassement des contraintes,

2 La valorisation des potentialités et des capacités réelles,

3 La construction des repères et des enjeux.

L’identification d’intérêts mobilisateurs.

En assignant un objectif d’insertion aux allocataires, en même temps qu’il leur assure un revenu de base, il n’appelle pas seulement à des prises en charges. Il la pose la question de la réciprocité. En effet, le travail a constitué pendant des siècles un puissant intégrateur social. Il suffisait d’être capable de gestes techniques simples pour obtenir un emploi et, en gagnant son pain, avoir une place reconnue dans la société. Désormais, pour obtenir un emploi, il faut faire la preuve d’une qualification en rapport avec les besoins mouvants de l’économie et disposer des capacités relationnelles et culturelles qui permettront de les faire valoir. La disqualification sociale et la disqualification professionnelle se renforcent l’une l’autre dans un processus sans fin.

Parmis les troubles de la santé que présenterait le plus souvent les demandeurs de RMI, l’alcoolisme et les troubles psychologiques sont au premier rang des problèmes évoqués, c’est à dire l’identification qu’en font les services instructeurs. Face aux difficultés éprouvées, et à l’étiquetage qu’ils font des problèmes de santé et a fortiori de troubles psychologiques, les services instructeurs se posent la question de savoir par qui, où et comment ces problèmes doivent être pris en charge.

Une véritable action d’insertion ne peut-être envisagée avec quelque chance de succès que dans la mesure où ont été réglés un certain nombre de problèmes majeurs, en tête desquels figurent les difficultés de santé

Le respect du secret médical et des libertés individuelles implique qu’aucune indication sur les maladies suspectées ou identifiées ne soit portée dans le contrat d’insertion.

L’estimation que doivent faire les services instructeurs de la situation des personnes ne porte pas sur la distinction entre des pathologies mais sur le repérage de la limite du normal versus pathologique. Mais la question de leur capacité à faire cette distinction soulève des problèmes d’une importance considérable.

Les personnes souffrent plus des douleurs de l’âme que de vrais troubles psychologiques ou de problèmes de santé mentale.

La santé mentale s’appuie sur trois piliers : le biologique, le psychique, et le social. Elle se représente comme la résultante des interactions entre ces trois composantes.

La santé mentale comme étant un processus dynamique d’adaptation au stress impliquant l’interdépendance des dimensions biologiques, psychologiques, spirituelles et environnementales des individus, en vue de maintenir un état d’équilibre entre les potentialités et les vulnérabilités de l’individu et les pressions de son environnement.

Il n’y a pas à proprement parler de catégorie RMI, qui soit représentative d’une identité sociale, d’un mode de vie particulière, bref, de comportements individuels principalement dictés par l’appartenance à un groupe homogène. Cependant, les bénéficiaires du RMI sont, au-delà de leurs profils très éclectiques, confrontés à des problèmes souvent identiques. Ce sont les questions de logement, de santé, des difficultés financières très graves (dettes…), etc. Cela n’est en rien étonnant, puisque le RMI a été défini en réponse à ces problèmes, comme une allocation globale devant prendre en compte ce qui a été analysé comme un cumul de diverses difficultés à l’insertion.

A travers la honte, le repli sur soi dans les stratégies relationnelles mais aussi dans l’espace, le stress, mais également la désorganisation des rythmes, la pauvreté agit parfois comme un facteur pouvant remettre en cause la capacité des individus à faire face aux agressions de la vie en société. Outre la pauvreté, des facteurs tels que l’absence non désirée ou contrainte d’emploi peuvent avoir des effets similaires. Si ces facteurs peuvent jouer un rôle au niveau de l’apparition de troubles de la santé mentale, ils peuvent être aussi à l’origine de l’émergence de maladies mentales.

Divers facteurs de vulnérabilité ont été repérés, tels que la carence parentale pendant l’enfance ou l’adolescence, une faible estime de soi.

Il reste que dans une situation de grande précarité, les facteurs de vulnérabilité tels que l’estime de soi jouent de manière quasi systématique.

Il s’agit de voir la perception qu’ont les accompagnateurs des services instructeurs des problèmes qu’ils rencontrent, leurs représentations du " psy-quelque chose ", leur perception de leurs propres limites dans la réponse à ces difficultés.

L’origine des troubles concernant les personnes : deux types d’explications, la première remonterait à l’origine bien avant qu’ils aient perdu leur emploi, donc, des troubles indépendants du RMI, troubles souvent liés à l’enfance ; la seconde : il s’agit de troubles psychologiques liés à la précarité, au chômage ou à la solitude. Dans ce cas, il s’agit d’un processus jugé normal, lié au vécu d’une situation stressante et déstabilisante.

De plus derrière les discours des services instructeurs du RMI, les normes pèsent de tout leur poids. Si chaque contrat doit être adapté à la personne, les objectifs normatifs de la société sont réaffirmés au travers du mode d’évaluation du travail des services instructeurs : l’efficacité et le rendement direct de l’insertion. Le chiffrage systématique des résultats (le contrôle social) apporte, outre un regard sur l’évolution du dispositif, un moyen efficace de faire peser sur les allocataires une pression normalisatrice par l’intermédiaire des services instructeurs

La santé mentale s’appuie sur trois piliers : le biologique, le psychique et le social. Elle se présente comme la résultante des résultantes des interactions entre ces trois composantes.

La population des bénéficiaires du RMI est extrêmement hétérogène.

  1. Centres de Redynamisation.
  2. Les centres de redynamisation : un nouvel espace de pratiques sociales.

    Les centres de redynamisation mis en place dans le cadre du RMI sont des lieux dans lesquels s’invente, s’élabore le " métier " d’agent d’insertion. Ils interviennent auprès des publics non ou peu qualifiés (ou diplômés).

    Leurs prestations s’organisent autour d’actions de redymamisation, de suivi individuel, de bilan socio-professionnel, de bilan diagnostic personnalisé, de remise à niveau.

    Autres prestations : recherche d’emploi, de logement, aide à la vie quotidienne, accueil, orientation, l’accès aux soins, l’autonomie, l’accompagnement social, projet professionnel, projet social,

     

  3. Les publics de l’insertion

Les publics en difficultés possèdent des caractéristiques sociales spécifiques.

Ces publics sont très majoritairement originaires des classes populaires, et notamment des fractions les moins stabilisées de celles-ci.

Les deux tiers des bénéficiaires du RMI sont sans diplôme, le reste des personnes vont du BEPC aux diplômes supérieurs.

Un peu plus d’un bénéficiaire sur cinq n’avait plus d’activité professionnelle depuis longtemps. Environ un tiers des allocataires n’a pas eu d’activité professionnelle depuis 5 ans et plus. C’est dire que le RMI apparaît comme l’aboutissement d’un long processus d’éviction de l’emploi.

Ce sont d’abord les membres des fractions les plus vulnérables des clases populaires (hommes ouvriers, femmes employés de services) qui sont les premiers touchés.

Une nombreuse fractions des classes populaires connaissent des condition d’emploi atypiques (CDD, intérim, temps partiel), de moins en moins supportées par une condition salariale stable. L’univers professionnel devient ainsi un monde aléatoire, discontinu, dans lequel l’accès à l’emploi devient problématique en soi, et requiert l’intervention d’agent d’insertion.

 

L’inactivité s’accompagne d’une dégradation des repères sociaux, souvent assortie d’une décompensation dépressive conduisant à des comportements de surconsommation médicale, d’endettement, voire à des dérives anomiques (suicides, actes violents). Sur un plan personnel et social, l’absence d’activité structurante détruit le sens des responsabilités envers soi-même comme envers les autres comme envers les autres et éloigne de la vie collective.

La faiblesse de l’allocation RMI et l’impossibilité de la cumuler avec d’autres ressources conduit par nécessité un nombre significatif de bénéficiaires à recourir au travail au noir, à la prostitution ou à la délinquance

7- Agents d’Insertion.

Agent d’insertion : une nouvelle identité professionnelle.

 

D’une manière générale, pour le poste d’agent d’insertion la personnalité est déterminante, le niveau de diplôme de formation initiale paraît de moins en moins pris en compte dans le recrutement de personnel.

Il n’apparaît plus en tout cas comme garantie unique de compétences ; Cependant, le niveau de diplôme requis (Maîtrise, DESS) associé à une autre compétence, reste un critère de qualité.

Dans ce type de profession, les personnes doivent adapter leur formation initiale au contexte dans lequel ils travaillent, c’est à dire qu’ils doivent oublier toute forme de méthodologie académique. On parle alors de fibre sociale. Ces personnes sont prêtes à occuper un emploi dans lequel le désintéressement relatif constitue une forme d’ethos ( disposition à dimension éthique) professionnel.

Venant d’horizons sociaux divers, ils semblent devoir être caractérisés par des qualités se déclinant plus sur le mode des savoir-faire, des savoir-être que sur celui des savoirs plus formels ou plus scolaires, capacités à l’adaptation, à l’analyse.

Compétences primordiales : capacités d’écoute, capacités pédagogiques, disponibilité indispensable pour une prise en compte globale de la personne, connaissance du public, capacité à proposer des solutions adaptées. C’est le travail sur l’individu qui est primordial.

 

Les dispositions de l’agent d’insertion : l’ouverture d’esprit aux autres, les valeurs d’altruisme, les convictions d’ordre professionnel, idéologiques, social, politique, philosophique, ou religieuse, les capacités d’écoute, d’adaptation et le professionnalisme, des qualités plus personnelles, le dynamisme, équilibre personnel et disponibilité, dévouement, service aux autres. Il doit savoir reconnaître ses forces, et identifier ses faiblesses. Ainsi il adopte et met en œuvre les démarches susceptibles de le conduire à améliorer ses capacités et sa pratique. Posséder une souplesse comportementale afin de mieux s’adapter aux transformations perpétuelles.

Développer une vision et une compréhension globale du système d’insertion dans lequel il évolue.

 

Expérimenter, innover. Accompagner sans assister, inventer des outils, stimuler, proposer, encourager idées et initiatives. Analyser avec discernement et recul une situation, un problème.

Désirs de relation moins superficielle, capacité à la fois d’empathie et à la fois de recul. Savoir motiver et stimuler le public. L’ouverture aux autres. Inventer de nouvelles pratiques, d’autres méthodes d’autres formes d’organisation du travail, moins rigides que celles en vigueur dans la formation initiale. Il n’existe pas de solution clé en main c’est pourquoi l’agent d’insertion est amené à inventer des solutions adaptés aux préoccupations des personnes.

Personnalisation de leurs relations avec les publics dont ils ont la charge. Cette personnalisation des relations, marquant souvent la différence avec un traitement de masse qui caractérisent l’ANPE, aux yeux des agents d’insertion, constitue une différence distinctive. Elle est parfois reliée aux expériences vécues par les agent d’insertion, qui ont eux-mêmes connu des situations semblables. Avoir soi-même traversé des difficultés, les avoir envisagées, intégrées et transformées constitue un plus. La similitude de condition qui s’exprime là renforce l’aspect personnalisation-individualisation des relations avec les publics

 

La problématique de l’insertion est devenue objet de pratiques professionnelles spécifiques. Celle-ci à contribuer à consolider le métier d’agent d’insertion. En partant de l’hypothèse que l’insertion constitue un nouvelle espace de pratiques sociales, la profession d’agent d’insertion a été battit, sur la base de leur appartenance à des structures spécialisées.

Les difficultés des publics attribués aux agents d’insertion.

L’insertion sociale et professionnelle qualifie un certain type d’accompagnement de la personne.

Création d’espaces d’insertion.

Convictions idéologiques.

Altruisme, humanisme.

Un choix philosophique.

L’accompagnement personnalisé.

Personnalisation de leurs relations avec les publics dont ils ont la charge.

Cette personnalisation des relations, marquant souvent la différence avec un traitement de masse qui caractérisent l’ANPE, aux yeux des agents d’insertion, constitue une différence distinctive. Elle est parfois reliée aux expérience vécues par les agent d’insertion, qui ont eux-mêmes connu des situations semblables. La similitude de condition qui s’exprime là renforce l’aspect personnalisation-individualisation des relations avec les publics

Un engagements qui demande des convictions.

Avoir soi-même traversé des difficultés, les avoir envisagées, intégrées et transformées.

Emploi concrétisant un engagement personnel.

Ces personnes sont prêtes à occuper des emplois dans lequel le désintéressement relatif constitue une forme d’ethos ( disposition à dimension éthique) professionnel.

Les pratiques visant la redynamisation, la motivation constituent une condition de réussite du parcours d’insertion prenant en charge le public, cette mise en condition s’appuie sur des pratiques visant à les mettre face à leurs responsabilités face à leurs recherche d’emploi.

L’objectif vise à mettre en confiance, à revaloriser, à marquer une coupure avec le système scolaire.

Valorisées les pratiques visant à remédier aux déficits de capacités d’apprentissage, aux manques en termes de raisonnement logique, aux handicaps cognitifs, qui concernent les publics dits de bas niveau de qualification.

Méthodes : autonomie, capacités d’adaptation, compétences sociales dans une perspective d’employabilité.

Compétences primordiales : capacités d’écoute, disponibilité indispensable pour une prise en compte globale de la personne , connaissance du public, capacité à proposer des solutions adaptées . C’est le travail sur l’individu qui est primordial. Capacités pédagogiques.

Capacités à travailler en équipe.

La personnalité est déterminante.

Capacités pédagogiques.

La redynamisation, la reprise de confiance, souvent associées à l’apprentissage de technique de gestion de situation sociales et professionnelles problématiques, constituent la priorité de leur intervention. L’accueil, l’orientation, l’accompagnement personnalisé peuvent s’interpréter comme autant de prestations de mise en forme des pratiques, de mises en conformité et en condition des individus. Les actions de formation s’apparentent, elles à des prestations visant à développer des savoir-faire sociaux, des méthodologies, parfois en articulation avec quelques savoirs et savoir-faire professionnels de base.. En fait, ce qui semble faire problème, c’est pour celles et ceux qui sont en insertion, l’absence de repères, ou en tout cas de modèles de gestion de situation inédites, où la perte d’emploi, la confrontation à l’inactivité forcé forcée, sont fortement déstabilisantes, et remettent en cause des équilibres individuels, familiaux et sociaux jusque-là opératoires ; Tout semble alors se passer comme s’il y avait nécessité d’instaurer entre les populations fragilisés et les différents segments de l’existence sociale (travail, santé, logement,…), des espaces de médiation, et un travail pédagogique permettant d’appréhender le monde social selon des logiques d’action appropriées. C’est dans ce sens, semble-t-il, qu’on peut parler de nouvelles formes d’intervention sur l’individu.

Imaginer et créer des solutions.

Développer une vision et une compréhension globale du système d’insertion dans lequel il évolue.

Posséder une souplesse comportementale afin de mieux s’adapter aux transformations perpétuelles.

Il n’existe pas de solution clé en main c’est pourquoi l’agent d’insertion est amené à inventer des solutions adaptés aux préoccupations des personnes.

Il doit être créatif afin de mobiliser de façon nouvelle ce qui paraît banal et quotidien.

Il doit savoir reconnaître ses forces, et identifier ses faiblesses. Ainsi il adopte et met en œuvre les démarches susceptibles de le conduire à améliorer ses capacités et sa pratique.

Expérimenter, innover. Accompagner sans assister, inventer des outils, stimuler, proposer, encourager idées et initiatives. Analyser avec discernement et recul une situation, un problème.

Activer ou réactiver les motivation des personnes.

La polyvalence.

 

Chap.III : La Sophrologie à l’épreuve du Social

Comment la sophrologie peut s’inscrire dans carde du social et plus particulièrement dans l’insertion des bénéficiaire du RMI

  1. Mes lieux d’application de la Sophrologie.
  2. Trois Centre de redynamisation du département de l’Ain.

    L’Espace Citadelle Bellegarde

    L’Espace Citadelle de Belley

    Diapason à Gex

     

  3. Type de publics.
  4.  

    On rencontre chez les exclus trois profils psychopathologiques 

    3.1- La pathologie conduit à l’exclusion

    C’est certainement la situation la moins fréquente, mais elle est alors le fait de troubles graves, psychoses, ou psychopathie sévère, qui perturbent l’insertion sociale et les relations inter-personnelles et conduisent à l’exclusion.

    Ce sera souvent le cas de sujets jeunes, dont la pathologie n’a pas eu au début une intensité telle qu’elle puissent conduire à une orientation psychiatrique.

    Le tableau alors rencontré est celui d’un délire persécutif dans lequel le sujet est doublement la victime d’une société où il n’a jamais, de fait, été intégré

    3.2- l’exclusion sociale est génératrice de pathologies

    L’exclusion sociale qui conduit à la pathologie est certainement le cas le plus fréquent. On se trouve alors devant des tableaux de décompensation, d’ordre le plus souvent dépressif, ou addictif, qui correspondent à l’effondrement des défenses d’une personnalité -pas toujours si mal structuré au départ-s coups de boutoir successifs des différentes étapes de l’exclusion sociale : chômage, dettes, expulsion, divorce, etc…

    Ce sont doute les cas les plus simples, les plus rassurants, mais notre action viendra malheureusement se heurter aux difficultés de réinsertion de celui qui est en fin de droit au guichet des différentes administrations : il n’est pas bon d’être en fin de tout…

    1. 3.3- Exclusion et pathologie sont imbriquées

    La situation malheureusement la plus fréquente est celle où il devient difficile de démêler ce qui, de la pathologie ou de l’exclusion, du rejet social ou des troubles de la personnalité, a bien pu commencer… Le sujet s’enfonce progressivement dans la misère et dans la souffrance psychologique, il en vient à perdre progressivement toute identité, sociale et psychologique, il est exclu et il s’exclut lui-même.

    Dans une perspective socio-économique les personnes sont frappées d’une crise d’identité lorsqu’ils ont progressivement perdu tout ce qui fonde leur identité sociale :

    • la mémoire, c’est-à-dire l’histoire, le patrimoine d’une lignée, qui tend à disparaître avec le déracinement propre aux sociétés industrielles,
    • les modèles sociaux liés aux différents éléments de l’état civil : sexe, age, statut matrimonial et familial, profession, autant de valeurs qui perdent leurs sens ou ont acquis des sens différents dans les dernières décennies,
    • la conscience de soi, qui reste le dernier bastion quand tout s’est effondré mais qui, elle aussi, va finir par se déliter dans les situations d’extrême précarité.

     

    1. Techniques de Sophrologie utilisées.
    2.  

      RD1, TRAM, RED.

       

    3. Difficultés rencontrées (méconnaissance de la Sophrologie par les partenaires, difficultés par rapport aux publics, difficultés matérielles (locaux, …), …).
    4.  

      Les difficultés que j’ai rencontré dans le cadre des ateliers de sophrologie sont de différents ordres.

      Cet atelier est considéré comme marginal par les bénéficiaires et les partenaires.

      Na pas franchir le territoire de la psychologue du RMI, avec qui aucune collaboration ne pouvait être envisagé, chaque intervenant ayant un secteur bien délimité.

      Le public n’est pas en demande.

      La plupart du temps les salles ne sont pas adaptés.

      Les techniques de sophrologie classique doivent être adapté au public.

      Difficulté de mettre un programme en place et de si tenir.

      Un turn over trop important pour pouvoir suivre les gens.

      Un absentéisme très important.

      Je me suis même retrouvé confronté à un groupe de rock qui répétait dans une salle voisine. Et malgré un volume sonore plus qu’élevé, les personnes sont restés concentré sur ma voix.

       

    5. Résultats.
    6.  

    7. Discussion.
    8.  

    9. Conclusion et perspectives.

     

    La plupart du public n’est pas en demande d’un atelier de sophrologie.

    Le manque de suivi psychologique ou psychiatrique des personnes.

    La difficulté de les amener à se soigner psychologiquement ou physiquement.

    La seul issue de secours pour eux étant le travail même si leur état physique ou psychologique ne leur permettent pas d’y accéder.

    Leur principal préoccupation étant l’argent, mais pas forcément en retrouvant un emploi stable d’ou : travail au noir, vol, prostitution, revente de drogue pour les plus jeune, avoir le RMI comme seul revenu.

    Le travail au noir n’est pas remis en question par les acteurs du social.

    La totalité des personnes ne croyant plus à la religion.

     

    Conclusion générale.

     

    Pour le public rmiste la sophrologie peut contribuer à ;. ;;;;;;

    Alors que l’on parle sans arrêt d’approche globale de la personne la sophrologie reste marginal dans cette approche.

     

    Bibliographie.

     

    Annexes.

     

     

    1. JEZIC H., La sophrologie le corps et l’âme, éd Buchet/Chastel, 1982.
    2. Guerdon D., Le rêve éveillé, éd Oniros 1993.
    3.