Les premiers pas du palmophile...

 

 

"L'habitat de l'homme se trouve sous les tropiques, où il vit des fruits du palmier ;

il survit dans les autres parties du monde où il doit se nourrir de céréales et de viandes."

Carl von Linné (1707-1778)

 

Arrosage :

Quel casse-tête ! Ni trop ni pas assez. Beaucoup quand il faut. Peu à d'autres moments. Une règle : toujours adapter l'arrosage aux besoins de la plante. Or ces besoins sont variables selon :
- l'espèce (en fonction de l'écosystème d'origine)
- la saison
- les conditions de culture
En été, la plupart des palmiers réclament des arrosages copieux qui favorisent leur croissance. Arrosage au pied (sol en cuvette) plutôt que par aspersion. Une sécheresse excessive, surtout en pot, peut être fatale.
En hiver, même en pot et à l'intérieur, les besoins sont réduits. Même dans un local chauffé, la faiblesse de la luminosité bloque la croissance. En hivernage dans un local frais, les besoins deviennent même presque nuls. L'humidité initiale de la motte peut perdurer plusieurs mois. Une humidité trop grande du substrat peut par contre entraîner un pourrissement des racines qui sera presque toujours fatal au palmier. Et lorsque ce n'est plus le jardinier qui arrose mais les cieux ?
En été, la pluie est en général la bienvenue. Mais en hiver, certains palmiers redoutent les excès d'humidité, surtout combinés au froid. Certains palmophiles vont jusqu'à construire un toit au-dessus de leur protégé vulnérable (cf. le livre de Patrice Fauchier). Souvent, on pourra se contenter d'un sol drainant. Mais attention, un sol ne devient pas drainant parce qu'on a rempli le trou de plantation d'un mélange sableux. Si le sol autour n'est pas lui-même drainant, le trou au contraire se remplira d'eau le premier. Il est souvent préférable de planter les sujets sensibles aux excès d'eau "en butte", c'est-à-dire en partie ou entièrement au-dessus du niveau initial du sol.

Engrais, fertilisation :

La plupart des palmiers sont des gros gourmands qui, pour devenir luxuriants, ont besoin de disposer des nutriments qui leur sont nécessaires. Pour les leur apporter, il faut commencer, avant de les planter, par leur préparer un environnement riche. En effet, il nous est rarement donné de choisir le terrain que l'on entend transformer en "palmeraie". A défaut de disposer d'un fond de vallon riche en sédiments alluvionnaires accumulés au fil des siècles, il nous appartient d'améliorer le sol qui nous est donné. Le trou de plantation, le plus volumineux possible, et surtout profond, sera regarni d'un mélange constitué de la terre végétale extraite allégée et enrichie en matière organique par un copieux apport de terreau, le tout agrémenté d'un supplément de fumier de cheval parfaitement décomposé vendu en sac (le "top du top" : le mélange fumier + algues qui apporte en plus la magnésie !), et rendu drainant par un apport de sable. Par la suite, ou pour un palmier déjà en place, un apport pourra être réalisé par la surface. On dégarnit sur une profondeur de 3 ou 4 cm une surface coorespondant à peu près au diamètre de la couronne. On la garnit ensuite d'un mélange riche de type terreau + fumier bien décomposé, ou encore d'un produit proposé sous des appellations du genre "Or brun", etc.
Une alternative plus aisée à mettre en oeuvre consiste à utiliser un engrais de type NPK, en privilégiant les produits proposant une proportion de type 3.1.3.1 (Voir "Fertilisation de mes palmiers"). Mais attention dans ce cas aux surdosages qui peuvent être néfastes. Certains préfèrent d'ailleurs utiliser un engrais de type "osmocote" à libération lente.

 

Plantation (époque) :

Quelle est l'époque de l'année la plus favorable pour planter un palmier ? "A la Sainte-Catherine tout prend racine" dit le dicton populaire. Et bien cela ne s'applique justement pas aux palmiers.
D'une manière générale, on doit planter un palmier lorsque la terre est chaude, c'est-à-dire sous nos latitudes de mai à septembre. Pourquoi cette différence avec les autres végétaux ? Parce que le palmier est en général une plante tropicale dont la période de végétation, dans nos contrées, se trouve réduite.
Quels risques prend-on alors à planter en dehors de la période conseillée ? Si le palmier, cultivé en pleine terre en pépinière, a été fraîchement arraché, les racines abîmées ne peuvent réparer leurs lésions qu'en période de végétation. En dehors, ces lésions vont pourrir et favoriser le développement d'affections.
S'il s'agit d'un sujet en conteneur. Premier cas : le palmier n'a été mis en conteneur que récemment pour la vente. Les lésions inévitables qu'ont subi les racines nous ramènent au cas précédent. Deuxième cas : le sujet a été cultivé en conteneur. Mais il l'a rarement été dans un environnement identique à celui où il va être planté. Il va donc subir un stress qui va perturber sa physiologie. Il le surmontera d'autant plus vite qu'il sera en période de végétation.
Bien sûr : comme pour tout végétal planté en été, il faudra particulièrement veiller à la régularité des arrosages.

 

Taille :

La taille des végétaux a plusieurs objectifs : limiter l'encombrement d'une plante (taille d'une haie), améliorer la floraison (rosiers) ou la fructification (fruitiers), rechercher un effet esthétique ("sculpture végétale").
La taille des palmiers est rarement justifiée par l'une de ses raisons. Mis à part le cas des jeunes sujets dont la couronne, temporairement trop basse, est une entrave à la libre circulation (espaces verts) et peut représenter un danger dans le cas de certaines espèces "épineuses", on a rarement intérêt à réduire cette couronne. Certains sont tentés d'accélérer l'apparition de nouvelles palmes en coupant celles existantes, l'objectif étant alors d'obtenir une élévation plus rapide du stipe. Mais la méthode est discutable dans la mesure où elle conduit souvent à une maigreur inesthétique du stipe. C'est surtout pour des raisons esthétique que le palmophile se laissera aller à jouer du sécateur ou de la scie. La recherche d'un effet de luxuriance tropicale lui paraît souvent incompatible avec la présence de vieilles palmes desséchées. Pourtant celles-ci sont présentes dans la nature, même sous les tropiques. Il faut aussi savoir que ces "jupons" jouent sous nos latitudes un rôle de protection du bourgeon terminal contre le gel. Enfin, on peut privilégier les espèces à palmes "caduques", c'est-à-dire se détachant naturellement après dessèchement.
Dans tous les cas, on attendra que le pétiole (la tige) soit sec pour couper la palme. Couper "dans le vert", c'est en effet créer un accès aux agents pathogènes (surtout si l'on utilise un outil "souillé"). On se gardera aussi de ce risque si l'on veut "toiletter" un palmier en le débarrassant des pointes noircies de ses palmes (beaucoup le font sur les Trachycarpus fortunei en particulier). Il est alors conseillé de toujours couper en laissant 1 à 2 mm de sec.

 

 

 

 

 

 

 

 

Stress :

Tout changement brusque d'environnement est de nature à provoquer chez un palmier un stress dont les conséquences peuvent être plus ou moins graves. L'acclimatation est précisément l'art d'aider le palmier à affronter, avec le moins de dommages possibles, tous les changements auxquels il est confronté. Lorsqu'un palmier pousse en pleine terre depuis plusieurs années, il subit des changements d'environnement essentiellement climatiques liés aux saisons. Mais ces changements sont progressifs et ne posent normalement pas de problèmes.
Un palmier hivernant à l'intérieur et passant la belle saison à l'extérieur subit par contre biannuellement un changement plus brutal par rapport aux conditions de luminosité. Pour en limiter les effets, il convient de procéder à ces changements par étapes : sortie d'abord à l'ombre avant d'affronter le plein soleil par exemple, surtout en milieu de journée. Le pire des cas, et celui qui pose le plus de problème, est celui du palmier nouvellement acheté. Parfois directement importé d'une contrée subtropicale, plus souvent extrait d'une serre aux conditions optimum, dans d'autres cas arraché à la pleine terre et placé, amputé d'une partie de son système racinaire, en conteneur, ce palmier se trouve du jour au lendemain placé dans des conditions moins favorables. Dans le meilleur des cas, il va entreprendre de s'y adapter en réduisant par exemple ses besoins (pertes des palmes les plus anciennes le plus souvent). Dans le pire des cas, c'est toute sa physiologie qui se trouve bouleversée, et l'issue est parfois fatale (cas de la plantule de cocotier par exemple).

 

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