Les
Butia furent longtemps rattachés au genre Syagrus avec lequel, d'ailleurs,
une hybridation est possible (Butiagrus), comme elle l'est du reste avec le
genre Jubaea.
Aujourd'hui, les Butia constituent
un genre distinct qui comprend plusieurs espèces : capitata, yatay,
paraguayensis, eriospatha... De nombreuses variétés semblent
avoir été obtenues à partir du Butia capitata. Entre
variétés et hybrides, l'identification d'un sujet n'est donc
pas toujours aisée. A l'origine, ce palmier pousse au sud du Brésil
et en Uruguay. Moins haut, adulte, que le Butia yatay, le Butia capitata est
par contre le plus massif des Butia (et peut-être le plus beau...).
Monoïque, il produit des fruits jaunes et pulpeux, normalement comestibles
(mais d'un goût variable selon les variétés ou hybridations).
D'ailleurs, certains en font des confitures, d'autres un petit "vin de
palmier" très réputé... Sa graine, presque ronde,
contient en fait trois "endospermes" dans trois cavités distinctes.
Sa multiplication se fait par semis. En atmosphère humide et chaude
(30°), ses graines commencent à germer après deux à
trois mois seulement. Il est assez fréquent de voir sortir deux ou
trois germes par graine. Sa rusticité est importante. Et sa croissance,
rapide pour un palmier, ne réclame pas de fortes chaleurs. Dans l'ouest
de la France, par exemple, elle se poursuit du printemps à l'automne.
Et un sujet en bac à Nantes donne des fruits matures. Paradoxalement,
les sujets adultes sont rares en Bretagne, à la différence de
Jubaea et Phoenix. Sans doute parce qu'il a peu été planté
plutôt que par manque de rusticité. En effet, Michel Bourbier
en signale un, affrontant sans défoliation les hivers les plus rigoureux
depuis 1967, à Loctudy en Bretagne sud. Les nombreuses plantations
faites actuellement par des particuliers, auprès de qui il est très
à la mode, permettront sans doute de confirmer cette potentialité
d'acclimatation en dehors de la zone de l'oranger...