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Comparaison des contenances en vitamine C des jus d'orange!

 

Le jus d'orange, couleur soleil, est une des principales sources de vitamines C en hiver. Les Suisses en ont bu presque 100 millions de litres l'an dernier. Sur le marché romand, le choix est vaste. On en a dénombré une quarantaine. D'où viennent-ils? Comment sont-ils fabriqués et comment les choisir? 

Comme chacun sait, les orangers ne poussent pas dans les Alpes, mais beaucoup plus au sud. Ce concentré de soleil et de vitamine C provient des plantations d’Espagne, de Floride, d’Israël et surtout du Brésil qui représente, à lui seul, 70% de la production mondiale. Le fruit contient 90% d’eau, un pourcentage qui coûte cher lorsqu’il est question de transport. C’est pour cette raison que l’orange est pressée, la plupart du temps, sur le lieu de la cueillette. Elle est ensuite littéralement déconstruite. On en extrait la pulpe et les arômes. Le liquide restant est concentré six fois par un procédé de distillation. Tous les composants de l’orange voyageront ainsi jusqu’en Europe, dans des bateaux frigorifiques. A ce stade, l’orange est devenue une matière première.

Arrivé à destination, le concentré est dilué avec de l’eau. La pulpe et les arômes y sont réincorporés, pour constituer ce qu’on appelle un jus d’orange pur, 100% naturel. Après cette véritable reconstruction, il est finalement pasteurisé, pendant une dizaine de secondes, à près de 100°. La teneur en vitamine C du jus (qui peut varier d’environ 20%), est déterminée d’abord par la qualité de l’orange. Mais ce qui est plus important, ce sont les techniques utilisées durant les différentes étapes du processus, la concentration et la pasteurisation, ainsi que la qualité de l’emballage, puisque la vitamine C est très sensible, notamment à la lumière. En principe, les fabricants ne rajoutent pas de vitamine C. Dans les commerces, on trouve également des jus obtenus directement à partir du fruit. L’étiquetage précise toujours qu’il s’agit de jus frais et le prix est plus élevé que celui des boissons à base de concentré.

Bref, sur l’autel de la vitamine C, les jus ne sont peut-être pas tous égaux. Et c’est ce qu’ABE a voulu mesurer, avec le concours du Laboratoire cantonal de Neuchâtel. « Nous avons utilisé une méthode relativement récente qui consiste à déterminer la vitamine C par la fluorescence d’un dérivé de la vitamine C », explique José Caperos, chimiste au Laboratoire cantonal de Neuchâtel. Cette nouvelle méthode permet, en plus, de déterminer la vitamine C biologiquement active, ce qui signifie que c’est toute la vitamine C présente dans le produit qui a été mesurée. Par la même occasion, nous avons vérifié si les jus contenaient des traces de pesticides. En effet, au regard des nombreux traitements chimiques utilisés dans les vergers, on pouvait nourrir quelques appréhensions.

Nous avons testé les 19 produits que l’on trouve le plus fréquemment dans les magasins de Suisse romande. 14 proviennent de concentrés, 5 de jus frais. Le premier résultat est réjouissant: qu'ils soient étiquetés Bio ou non, nous n’avons pas trouvé de traces de pesticides dans ces jus. On peut donc les boire l’âme légère. Reste à s’interroger sur leur teneur en vitamine C.

Presque tous les emballages portent la mention « riche en vitamine C », ce qui ne prouve absolument rien. La loi en la matière ne précise pas à partir de quelle teneur un jus devient riche. En fait, nous l’avons vérifié avec le laboratoire, le jus véritablement riche en vitamine C est sans conteste celui que l’on fait soi-même, avec une belle orange bien mûre, et que l’on déguste sitôt le fruit pressé. Mais voilà, le matin, lorsque sonne le réveil, on n’a pas toujours le temps ni le courage de transformer une livre d’oranges en nectar ensoleillé. Et il faut savoir que, comparé au jus que l’on achète en brique, celui que l’on presse soi-même coûte, en moyenne, 4 fois plus cher.

Pour ce test, le laboratoire a choisi comme mesure de référence, l'idéal, c'est-à-dire l'orange mûre pressée à la minute. Ce qui  nous a permis d’établir le classement suivant (le pourcentage indiqué dans la colonne de droite équivaut à la teneur en vitamine C comparée à celui d’une orange fraîchement pressée):

Marque/Lieu d'achat Prix/l. Vit. C
AMIGOS
MAX HAVELAAR
Migros
1.50 100%
JOKER
Magro
2.95 100%
SUN QUEEN
Migros
1.25 100%
FANCY
Jumbo
1.20 90%
COOPERACION
MAX HAVELAAR
Coop
1.50 90%
SUNFRUIT
Placette
2.95 90%
GRANADOR
Magro
1.60 80%
MATTINELLA
Placette
1.10 80%
HOHES C
Waro
2.50 80%
PARADISE
Jumbo
3.90 80%
HITELLA
Magro
1.00 70%
PURA
Denner
0.95 70%
MONDIAL
Coop
1.30 70%
GRANINI
Waro
2.20 70%
FRUTTA
Waro
1.20 70%
MICHEL
Magro
2.30 70%
ZUEEG SKIPPER
Denner
3.33 60%
ANNA'S BEST
Migros
4.40 60%
ANDROS BIO
Coop Natura Plan
4.53 20%

 

Les trois derniers jus de ce palmarès sont tous des jus issus de fruits frais, et non pas de concentré. A noter également, qu’ils figurent nettement parmi les plus chers de ce test.

A la toute dernière place, on trouve le jus Andros Bio, de Coop Natura Plan. C’est le plus cher de ce test. Et sa teneur en vitamine C, comparée à celle de l’orange fraîchement pressée, n’est que de 20%, soit 5 fois moins. Un tel résultat, demandait quelques explications du fabricant : « Nous avons été très surpris par les analyses du jus d’orange bio », déplore André Mislin, de Coop Suisse. «Les jus d’orange traditionnels sont vendus dans des emballages dont l’intérieur est recouvert d’un film fin d’aluminium. Mais pour ce jus d’orange bio, il fallait qu’on respecte le cahier des charges de Bio Suisse ». C’est pourquoi ce jus d’orange est conditionné dans un emballage exempt d’aluminium. L’emballage répondant aux critères bio et l’oxygène ne font pas bon ménage. Cela explique que ce jus d’orange a perdu ses vitamines en un certain laps de temps. « Mais, heureusement qu’il y a eu ce test », renchérit le porte-parole de Coop Suisse, qui a pris des mesures. « On ne va plus livrer ce jus dans nos magasin ». Le fournisseur et l’usine d’emballage sont en train de rechercher un emballage adéquat afin de garantir la qualité de ce produit.

Même si le bon dernier jus d’orange du test contient encore assez de vitamine C pour mettre  n'importe quel marin à l'abri du scorbut, il reste que ces résultats appellent plusieurs commentaires.

  • Visiblement, les industriels de l'orange concentrée sont aujourd'hui capables de préserver les vitamines du fruit. Il y a trois ans, les résultats d'un test identique étaient nettement moins bons.
  • Les moins chers ne sont pas forcément les plus pauvres en vitamines.
  • Enfin, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les jus frais, comparés aux concentrés, ne garantissent pas une meilleure teneur en vitamine C.

A rappeler également:

  • La vitamine C s'oxyde au contact de l'air et de la lumière. Une fois l’emballage ouvert, le taux de vitamine C diminue vite.
  • Nos besoins journaliers sont couverts sans problèmes par un bon verre du meilleur jus de notre test.

 

Ce test à été réalisé pour l'émission ABE de la TSR.

 

 


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