LIENS

Neuilly, je suis rentré dans la maison comme un voleur (comme un inconnu).

En novembre - je ne savais pas que ça durerait - j'ai commencé à faire quelque chose que je n'avais jamais fait : vendre un journal de rue qui s'appelait alors le Lampadaire (depuis le nom est devenu l'Itinérant). Je ne me suis pas mis n'importe où, mais à Neuilly.

Cela fait maintenant quatre ans que je fais ce travail et, grâce à ce que je vends, j'arrive à gagner ma vie. Pas une fortune, un peu, mais suffisamment pour gagner ma vie. C'est un ami qui m'avait indiqué Neuilly en me cédant le travail et la place. Lui, il avait vendu un tout petit peu là bas, mais il n'a pas tenu le coup. Il ne voulait pas continuer. A ce moment là, j'étais en panne d'argent et je lui avais fait part de mes problèmes. Il m'avait alors proposé de le remplacer et d'aller vendre le journal là bas : " Neuilly, c'est connu, tout le monde le sait, m'a-t-il dit, il y a de l'argent, c'est rempli de gens riches, des gars de la télé ou du spectacle. Tu verras, ça vaut le coup. " Je n'avais pas vraiment le choix. J'avais besoin d'argent pour payer mon loyer. Mon ami m'a montré le siège du Lampadaire. A partir de là, c'est moi qui ai discuté avec le responsable pour obtenir le badge, c'est à dire pour pouvoir vendre.
En fait cela a été une première expérience qui a duré une semaine, juste le temps de gagner la somme dont j'avais besoin. Après, j'ai arrêté. Mais j'ai été obligé de reprendre parce que j'étais dans le pétrin comme rarement je l'avais été : sans argent, sans chambre, dormant même au MIB. J'ai donc repris et maintenant, quatre ans après, tout Neuilly a du acheter mon journal. C'est sûr, de temps en temps, quand je réfléchis à ce travail qui n'en est pas un, ça ne me réjouit pas de vendre un journal de rue. Je sais très bien ce que je pourrais faire si je n'avais pas cette double peine sur le dos. Ma situation est d'autant plus rageante que j'ai trois métiers(cuisinier, pâtissier, boulanger) ou il n'y a pas de chômage.
N'en parlons plus et prenons les choses du bon coté ! Vendeur de rue à Neuilly, si on est sérieux, on gagne de l'argent. C'est un endroit spécial, Neuilly. C'est un quartier très bourgeois. Tout un petit monde avec plein de nationalités Les gens peuvent être très gentils mais ils ont un défaut : la méfiance. Ils ne discutent jamais entre eux. C'est rare que je voie trois femmes qui parlent ensemble. Les bourgeois ne sont pas amis tout de suite, il leur faut le temps. Maintenant, je les connais mais au début, j'ai eu du mal à les comprendre.
Parfois, Neuilly, c'est trop surprenant : ils sont bien habillés, très distingués, et puis, ils n'hésitent pas à se bousculer entre eux, sans ménagement. Tout ça finalement, c'est normal, l'argent entraîne l'égoïsme. Je les voix faire leurs courses, la plupart, ils ne calculent pas, ils achètent tout ce qui vient. Ce n'est pas un problème pour eux d'acheter des gâteaux chers, très cher. La moitié des habitants fréquentent l'église. Maintenant, je les connais tous rue des huissiers, mais au début, ils ne me voyaient pas. Il a fallu que systématiquement, je leur dise Bonjour ou que je leur adresse la parole, sinon, jamais ils n'auraient pu imaginer de calculer s'ils devaient me prendre un journal ou pas. Je suis arrivé à ce qu'ils me saluent, ce qui est normal : je croise tout Neuilly au moins une fois par mois devant le monoprix. Je suis rentré dans leur musique, je fait partie de leur univers. Je n'ai pas de patron derrière mon dos sinon moi-même, c'est à moi de calculer mes honoraires et mon effort en fonction de ce que je me fixe comme objectif et ce n'est pas le plus facile !
Je commence fort le lundi. Ce jour-là, je travaille toute la journée jusqu'à six heures du soir et le reste de la semaine, je me contente de faire le matin. Au final, j'arrive à mes faire 5000, 6000f par mois. Il faut également tenir compte dedans les coups de mains que je donne à droite et à gauche comme de distribuer les prospectus publicitaires de tel ou tel commerçant. Le week-end, je surveille deux à cinq voitures pour éviter à leurs propriétaires les contraventions. De temps en temps, j'aide des clientes à mettre leurs colis dans les coffres des voitures. Les gens qui sortent du monoprix me donnent souvent la pièce. Le lundi, je mange sur place mais les autres jours, j'attends d'être chez moi pour me faire un vrai repas. Dans une journée, pour tenir ma permanence debout, je bois beaucoup de cafés, beaucoup de trop. Je n'ai pas froid. L'hiver bien sûr, il ne fait pas chaud, il faut être couvert mais c'est un boulet d'être dehors, un travail comme celui de maçon que j'ai déjà pratiqué. Je connais les combines, on prend l'habitude. Tu as froid dès que tu te caches les mains, c'est la principale chose à savoir. Quand même, il y eu une période l'hiver dernier à Neuilly où j'ai souffert. Les gens ont été très sympa avec moi et pendant les fêtes, ils m'ont offerts toutes sortes de cadeaux du billet à la boite de chocolat, surtout les gens qui mes connaissent parce que je les aide. Je travaille en rendant service à la porte du monoprix alors on me rend ma gentillesse, normal…
Il y a des gens avec qui ça passe et d'autres non. Je me souviens en particulier d'une femme dans cette rue qui ne m'aimait pas. C'est simple quand elle me voyait, elle tournait le tête. Plusieurs fois, j'ai essayé de lui dire bonjour, elle ne me répondait pas. Un jour, elle a perdu la clef de sa voiture et je suis tombé dessus. N'étant pas sûr, je l'ai regardé puis essayé en laissant un mot " c'est moi qui ai la clef " que j'ai collé sur l'essuie-glace. Une heure après, elle est venue vers moi et je lui ai rendu sa clef. Maintenant, à chaque fois qu'elle me voit, elle me dit bonjour. Neuilly, c'est un endroit très connu, pour sa richesse mais aussi pour les gens qui y habitent. Il m'arrive de croiser des stars et de les reconnaître. J'ai ainsi croisée Sophie Favier. Elle sortait du monoprix, je lui ai donné un coup de main. Je l'ai revue plusieurs fois. Un jour, je lui ai donné l'itinérant, elle m'a tendu une pièce mais n'a pas voulu le prendre " je connais le journal ". Je l'ai considérée comme une femme très gentille qui donne aux pauvres. Elle est belle à la télévision mais sérieusement, elle est aussi belle balle dans la réalité.
Dans mes autres rencontres, il y a Michel Lebb avec qui j'ai discuté trois fois. Au début, il me frimait mais quand il a vu que je le connaissais, il est venu discuter et j'ai ainsi vu qu'il venait acheter un sandwich au monoprix. Les artistes n'ont pas une vie régulière. Il est venu manger pendant trois quatre mois et puis après, il n'est plus revenu. Je me souviens également avoir croisé Jeanne Mas, mais sans plus...
A Neuilly, je connais de vue tout le monde et au bout du compte, je discute avec un bon nombre de personnes et s'il se passe une histoire à Neuilly, je suis forcé de le connaître. C'est ainsi qu'on m'a dit que Jacques Martin que je voyais avant rentrer chez " Le Nôtre " avait une histoire amoureuse dans sa famille.
Le monoprix, depuis quatre ans, je connais non seulement la clientèle mais bien sûr également le personnel, qui lui vient tous les jours. On se dit un petit mot comme ça en passant tous les matins et j'échange des plaisanteries avec tous ceux qui le veulent bien. J'ai des bons rapports avec tous mais il y en a deux avec qui j'ai des relations de copain, c'est Fred et Linda. Les caissières me connaissent toutes mais Linda, c'est plus profond que les autres. Les autres employés, les ouvriers, l'étalage, les cadres, avec eux aussi, on se parle au gré de leurs allées et venues. Pareil pour les vigiles mais eux, ils bougent beaucoup, ils ne restent pas beaucoup longtemps au monoprix. Je n'en vois pas beaucoup qui sont encore en place depuis que je suis à la porte du magasin. A vrai dire, on n'a pas vraiment le temps de faire connaissance. Monsieur X, le directeur, ne leur fait pas vraiment de cadeaux. S'il voit un vigile qui fume derrière la porte, licencié aussitôt. Si ce même vigile n'attrape et ne repère aucun voleur, même châtiment. Pourtant à Neuilly, il n'y a pas beaucoup de vols dans ce magasin mais monsieur le directeur veut du rendement. En trois mois, j'ai du voir quatre vigiles à l'essai, ça défile. Tout ça pour dire que si j'ai de bons rapports avec tout le monde, ce n'est pas le cas avec monsieur X. Ce monsieur, un jour, s'est aperçu que j'avais la cote avec les clients et sil s'est mis alors en tête de m'éloigner de la porte, de me " dégager " comme on dit. C'est quelqu'un, il faut dire, qui n'a pas bonne réputation à Neuilly, il n'est pas aimable. Je ne dirais pas que c'est un raciste, il est lui même étranger. Non, pour moi, c'est un égoïste, un individualiste qui ne pense qu'à ses affaires. En tous cas, Monsieur X. m'a menacé verbalement. Il m'avait même fixé un ultimatum mais j'ai bien défendu mon bout de trottoir. Ce jour-là, deux responsables d'associations militantes sont resté à mes côtés et les clients m'ont montré leur sympathie en venant discuter avec moi.
Il voulait me faire partir mais il n'a finalement rien fait. Il avait décidé qu'il ne devait plus y avoir personne devant le monoprix mais je suis toujours là. Une personne m'avait confié qu'elle avait appelé la mairie. Je ne sais pas si c'est vrai mais c'est sûr que sa clientèle n'était pas d'accord. Ce que je fais, la façon dont j'aide tout le monde, c'est vraiment comme si je faisait partie du monoprix.
Depuis le temps, je commence à bien connaître ce quartier de Neuilly : la rue des Huissiers et les autres boutiques. Au début, j'ai travaillé un tout petit peu devant Le Nôtre, qui se trouve en face du Monoprix. Le copain qui m'avait indiqué le travail " était encore là et quand il vendait, il tenait la place " et moi, je devais alors me remettre devant Le Nôtre. Finalement, le Monoprix m'est revenu mais je ne sais pas si j'ai gagné au changement parce que je dois dire que je faisais d'excellentes recettes devant ce magasin peut-être meilleure que là où je suis actuellement. Il est difficile de parler de Neuilly sans mentionner " Le Nôtre " qui est magasin réputé dans toute la France, pour ses pâtisseries. Avant, ce magasin marchait bien et n'avait pas d'équivalence mais maintenant, ce n'est plus comme avant. Le Nôtre fait toujours recette pendant les fêtes mais après pendant l'année, il tourne plutôt moyen, plus comme autrefois. C'est très cher et si à Neuilly les gens ont de l'argent, ils en arrivent quand même en avoir assez surtout qu'il existe actuellement d'autres traiteurs comme CHAVY qui font aussi des belles choses mais qui eux sont plus abordables. Je relativise ce que je viens dire parce que Le Nôtre a bien travaillé pour la coupe du monde en particulier pour la finale où le magasin a assuré trente cinq mille repas. Finalement, Le Nôtre, c'est son image du bon goût une grande compagnie avec une usine basée à Plaisir Grignon où tout est fait en gros. On y prépare les repas qui seront distribués ensuite aux boutiques. Tout est mis dans des éléments réfrigérés mais ça peut y rester une semaine et ce n'est pas bon, ça ne correspond pas à ce que Le Nôtre prétend être. Est-ce qu'on sait en plus avec quoi ils travaillent. Je dis tout cela mais sa réputation reste immense. Il y a aussi la parfumerie mais c'est une autre histoire. Ce n'est pas une boutique cotée comme Le Nôtre mais quand on y rentre, ça sent bon, c'est une petite parfumerie bien décorée, cool, bien sapée, avec les meilleures marques, Chanel et tout ce qui suit derrière. Là aussi, je connais tout le monde et ils me donnent des échantillons, en particulier la patronne. Il faut dire qu'on a une sorte de contrat tacite : je leur fais la cuisine de temps en temps quand ils en ont envie et en échange, ils me donnent de leurs produits. On s'entend bien et leurs parfums sont bons.
Parmi la dizaine de commerçants de la rue, il y en a un sur qui je ne peux vraiment pas dire du bien et qui pour moi est un véritable raciste. Il me fait penser à un gros cochon qui n'a rien dans la tête. Rien qu'à voir son visage, je fais la comparaison, il y a des gens qui vous font penser à ce genre de pensées. Pour décrire vraiment le personnage, une fois, il a été chercher un policier municipal parce qu'il s'était aperçu que je sauvais les amis des griffes des contractuels en mettant de la monnaie dans les paramètres quand je les voyaient arriver. Lui, il regarde tout ce que je fais par derrière et dès qu'il a pu, il m'a mis sur le dos la police. Oui, un gros cochon, c'est bien cela ! Parlons d'autre chose.
Je fréquente également le café à côté du monoprix, la " brasserie des arts ". Le patron est gentil et c'est un endroit où je rentre souvent pour me reposer ou pour simplement le plaisir de dire bonjour. Je dois boire aussi cinq, six cafés par jour là-bas sauf à l'heure du " coup de feu " à l'heure du repas de midi parce que c'est l'heure où l'établissement reçoit a peu près cent cinquante clients. Il faut dire que l'agence Havas est en face de chez eux. La " brasserie des arts " est en fait un restaurant réputé tenue par un ancien chef de parti également ancien patron de deux autres restaurant avant (un ancien chef de part représente le rang au dessus de cuisinier). Pour moi, c'est de la grande cuisine, une " cuisine sans frontière " et le l'ai dit au patron plusieurs fois mais s'il accepte le compliment, préfère dire " cuisine internationale ". Des fois, je rentre dans la cuisine et je vois que ce que fait le cuisinier, Luigi, est vraiment bon et qu'il ne trafique pas. Parfois, les chefs de rang trouvent même le temps de faire eux-mêmes la pâtisserie. Le barman fait son travail " sur un pied " comme on dit dans le métier. C'est un endroit que je fréquente avec plaisir et j'aime bien perdre un peu de temps à discuter en ami avec Luigi de cuisine. La brasseries des arts est mon café habituel mais je vais également dans deux autres cafés qui font le coin de la rue. Mes journées sont aussi coupées ainsi entrecoupées de pots avec une bonne partie de Neuilly, les caissières du Monoprix, Linda, Zora, Marguerite, d'autres employés du magasin mais aussi de la parfumerie, certains clients avec qui j'ai fait connaissance en discutant. Quand je n'ai pas travaillé, beaucoup de gens me demandent où j'étais passé. On comprend pourquoi je reste là-bas et pourquoi je me suis battu pour ne pas être chassé du Monoprix.
En plus, on est venu tourné un film sur moi, " Kader écrit ses papiers ", un court métrage. La plupart des employés et des clients m'ont vu être filmé et interviewé, je ne suis pas n'importe quel vendeur de rue.

La caravane de quartier

J'ai fait deux caravanes en même temps que Moghnis d'Immédiat. Une à Villeurbanne, et l'autre à Colmar.
La caravane de quartier, c'est une association qui organise des spectacles pour animer les banlieues un partout en France. Le principe est le même que les cirques, sauf qu'ici, la musique joue le rôle principal. Il y a 120 artistes au total, sans compter les techniciens et les militants qui dirigent la caravane. C'est très intéressant pour les villes Parce que cela leur donne une image

sociale et culturel pour les jeunes, c'est une fête parce que les artistes viennent chez eux.
Comme je suis connu comme cuisinier du monde associatif, ils m'ont appelé pour plusieurs tournées en France. En principe, la caravane a quelqu'un pour assurer les repas, un ancien cuisinier. Et moi, on m'appelait quand il était absent. On ne travaillait jamais ensemble. Parce qu'on avait pas la même façon de faire la cuisine ni la même organisation. Je ne nous voyait pas faire équipe ensemble.J'ai été contacté pour le spectacle qui devait se tenir à Villeurbane. Quand je suis arrivé là bas, ils m'ont fourni cinq jeunes filles bénévoles avec qui j'ai formé une équipe. C'était ma première caravane et j'étais content. Ce genre de responsabilités me plaisait. Comme j'étais
responsable de la cuisine, je devais me lever de bonne heure pour tout préparer et il fallait aussi se coucher tard pour tout remettre en ordre. Mais enfin, le travail lui même me plaisait. On devait fournir à manger pour 200 personnes le midi et autant le soir. Le premier jour on m'avait pas démarrer assez fort, on était parti avec 75 personnes à servir mais le lendemain on était passé à 145 couverts, pour finir à une moyenne de 200 personnes. La tournée de Villeurbanne à durer une semaine. Le dernier soir, avec les cinq copines, j'ai assuré un couscous pour 450 personnes. Quand le ventre est plein, la tête chante. La cuisine complétait le spectacle. J'en garde un excellent souvenir, l'ambiance était bonne. Ma deuxième expérience a été celle de Colmar et elle a été moins heureuse. Les gens de la caravane sont très malins. Ils savaient qu'il allait y avoir beaucoup de monde et que j'étais le plus qualifié pour les grands repas, alors ils m'ont emmené à Colmar.

 

Mouvement de l'immigration :(suite)

J'ai arrêté d'aller toujours au MIB mais je continue à faire les repas pour les concerts qu'organise régulièrement le mouvement, ou pour les grands événements. J'ai assuré ainsi trois concerts et celui en soutien à Munia Abu Jamal, condamné à mort aux Etats-Unis. Je me souviens que j'avais fait la cuisine rue de Montreuil et qu'il fallait préparer pour deux cent personnes, musiciens et sécurité. Je n'avais pas voulu assister au concert ce soir-là parce que j'étais trop fatigué. Les deux autres concerts ont été ceux de la campagne " justice en banlieue" organisé par le MIB. Ils se déroulaient à la Cigale en 1997. A chaque fois, j'ai eu à accomplir le même travail que pour le premier des spectacles : toujours à peu près deux cent personnes. On ne peut pas vraiment dire que j'ai le temps de voir les concerts et d'écouter les musiciens. Par contre, je les regardai manger ! Assassin, Momo, Roots, tous viennent en groupes. Le technicien, la sécurité, tous viennent en groupe se restaurer à tour de rôle dans la cuisine. " Quand le ventre est plain, la tête chante " comme j'aime à dire : je joue mon rôle dans ces événements.
Il a du quand même arriver que de temps en temps je descende voir le concert mais juste deux ou trois minutes, pas plus. Ce n'est pas grave comme ce n'est pas grave non plus de travailler ainsi gratuitement. C'est normal, je suis au MIB et quand il y des concerts du MIB, je dois participer.
En 1998, il y en a encore eu d'autres.
Toujours " justice en banlieue " et là, je crois bien que j'ai du atteindre 250 personnes.

La Shorba, la Maison des Ensembles.

Dans ma vie actuelle, il y a Neuilly, le MIB mais il ne faut pas oublier la soupe que je prépare toutes les semaines pour les sans-abri avec la Shorba pour tous, une association de la Maison des Ensembles, un centre associatif dont je parlerai ensuite. Le but de l'association " Shorba pour tous " est donc de venir en aide aux gens de la rue en distribuant à manger dans deux gares. Elle assure la cuisine pendant les sept mois ou il fait froid, automne et hiver, tous les samedis et dimanches. Je fais la soupe , tous les samedis et dimanche. J'en prépare mille environ, le 26ème jour du ramadan, l'année dernière, j'ai battu le record de la cuisine en assurant 900 couscous : 400 pour la gare d'Austerlitz, 400 pour l'autre gare et cent pour la maison des ensembles. Aussi loin que je me souvienne, c'est mon record en tant que bénévole.

Quand je travaille à la Shorba, je ne veux personne pour m'aider. J'aime bien travailler dans le calme et je m'arrange toujours pour commencer de bonne heure le samedi et le dimanche quand il n'y a encore personne. Ainsi, c'est prêt le soir, pour la distribution, ils trouvent la soupe prête. Moi, je n'ai pas besoin de bénévoles pour m'aider. Même s'ils sont de bonne volonté, ils ne connaissent pas le métier et des fois on se marche dessus. Je trouve qu'il y en a trop pour faire la distribution et que parfois il y en a qui ne font rien, qui gênent les autres. Par contre pour la cuisine, les volontaires ne se bousculent pas. Il y a bien parfois Magdah pour faire à manger de temps en temps mais c'est à peu près tout. Je n'aime pas en général avoir des gens qui tournent autour de moi à donner des conseils ou à demander à manger.
La Shorba pour tous tient une place à part dans la maison des ensembles. Ce qui s'y fait là bas est tout à fait différent des autre associations qui se placent sur le terrain des luttes sociales. C'est autre chose que d'aller vers les gens dans la rue et de leur donner à manger chaud. Sans oublier non plus la distribution des colis qui à lieu le jeudi. Je trouverais bien que cette association obtienne une subvantion pour ce qu'ils font. Ils méritent d'être aidés pour pouvoir continuer et ce n'est malheureusement pas assez le cas.
Je suis bien avec eux jusqu'à maintenant. J'avais fait une pause à un moment, mais j'y suis retourné comme je le leur avait promis. La Chorba, c'est un travail bénévol, qui mérite d'être fait même sur mes week-ends. Au début je commençais à aider la chorba sans trop chercher à connaitre la maison des ensembles.Je ne faisais que croiser les gens de l'associations qui travaillaient là bas. Et eux de leur coté, pour la plupart ne savaient pas que j'étais au MIB. On a fini par se connaitre. D'ailleurs, j'ai fait trois fois un repas pour la maison des ensembles : 2 couscous et une salade de riz qui a servi à un banquet de rue contre Mc Donald.

Bien sûr, comme je suis militant associatif, je savais comment la maison des ensembles avait été ouverte et par qui. A la base, il y avait des gens de Droit Devant, et aussi Agir contre le Chômage. Le comité des sans logis, Sud, la chorba, et deux personnes du mouvement de l'immigration : Guy Dardel et Hakim le barbu. Ils ont participés au début pour les aider à casser les portes pour rentre. C'est une grande belle maison qui a réuni au début une cinquantaine d'associations. Quand la maison a été cassée par queques uns d'associations les plus solides : Droits Devants, AC, et Sans Logis, compris avec eux les trois militants du MIB. Les jours qui suivaient, 50 associations sont venus installerleurs bureaux.
La maison des ensembles réunit donc beaucoup de monde avec une base qui la fait marcher. les graosses associations que j'ai déja cités. C'est un endroit super cool et j'en parle en toute connaissance de cause.
La maison des ensembles est également un endroit important pour ce quartier. C'est une présence qui met de l'ambiance dans ce coin de Paris. Quand il y a une fête, beaucoup de gens passent faire un tour, et même ceux quoi ne viennent pas savent que c'est un lieu important. Tous les marchands du marché d'Aligre qui se trouvent devant elle, sont contents, parce que beaucoup de gens y vont et parmi eux, beaucoup de clients. Ils savent que la maison des ensembles fait venir beaucoup de clients par son animation et que dans le même temps, c'est une maison qui défend au maximum l'immigration. La maison des ensembles qui pourrait encore être plus importante s'i elle était plus soudée, marche bien dans l'ensemble. Moi, je trouve tout a fait bien qu'à la place de la CGT ou de la CFDT qui occupaient ce lieux avant, il y ait maintenant des associations comme AC!, Droit Devant et la Chorba qui font un travail immense. Tous ces militants sont des gens de cœur, et quand il y'en a parmi eux qui trichent, ils ne vont pas loin.

18 mai 2000,

Journée historique du 46, rue de Montreuil, chez LAMI, La Maison de l'Immigration.
Après mon boulot de Neuilly, je rentre au MIB pour militer, et si on rentre tard, je dors là bas.
Le 18 mai 2000 à 6 h du matin, la police est venue récupérer le local. Le commissaire, les CRS, les képi, les RG, inspecteurs de police, quatre flics vêtus autrement avec blouson de cuir et pantalon bleu, 150 flics à peu prés pour casser la maison de l'immigration. Je dormais là bas, ils m'ont réveillé, j'ai compris. Ils m'ont laissé boire mon café, ce commando était bien organisé. Des équipes, la 1ère avec casques, ils sont monté sur le toit, chacun un appareil jaune à la main pour détecter l'armement. Une équipe qui fouille dans toutes les affaires, une autre qui emballe dans les cartons, cinq personnes qui blindent les portes et les fenêtres. Ils m'ont interdit de communiquer. Vers 8 h, ils m'ont éloigné à Voltaire dans le commissariat du XIIème arrondissement et ils m'ont relâché vers 9h30.
J'ai téléphoné à quelques uns, mais la plupart étaient déjà au courant. Il y avait un voyage à Bordeaux ou Tarek et Momo devaient partir défendre les anciens combattants. Ils ont annulé le voyage. Ils ne nous ont laissé aucune chance pour pénétrer dans le local. Ils ont bloqué les piétons des 2 cotés de la rue de Montreuil. Je ne suis rester qu'une heure et demi avec eux à l'intérieur et tout ce que j'ai témoigné, c'est tout ce que j'ai vu en une heure et demi.
C'est dingue, à chaque fois, Momo répétait qu'il y avait un micro quelque part et que les RG nous écoutaient. Hé bien, vraiment, c'est la vérité, il y avait un micro au plafond !

Kader et des amies militantes aprés l'expulsion du MIB des locaux du 46, rue de Montreuil(18 mai 2000)

Aout 2000

J'avais deux propositions pour passer les vacances. Premièrement, Kamel de Montpelier m'a invité pour visiter Mimi la sardine. Deuxièmement, Fouzia (militante de Noisy le Sec) elle a trouvé une place de directrice de colo à La Baule. Elle m'a invité pour passer les vacances et l'aider en même temps pour la cuisine. J'ai bien réfléchi et j'ai pris un billet pour la Baule. En arrivant, elle m'a présenté la ville, jolie, bourgeoise, belle plage de 7 km de long. Ensuite elle m'a présenté les moniteurs : Rahima, kamel, et Mickaël. Trois jours après, Nicolas nous a rejoint. On était 6 à s'occuper des onze garçons et filles agés de huit à quatorze ans, handicapés mentalement. Nous avions en même temps les vacances et trop de travail. Les mômes ont fait deux concerts avec nous, un mexicain et l'autre à La Baule, avec les feux d'artifice. Ils ont changés avec nous. Tout c'est passé dans l'ordre jusqu'au dernier jour, malgré le petit budget de la Mairie, la directrice et toute l'équipe ont fait un grand effort pour gâter les enfants.




Alexandre

Jennifer

Dado
Plein de photos de La Baule
Vive les vacances! Les enfants ont bien profité et on a essayé d'en faire autant...

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