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Jamâl  ad-dîn al-Afghânî (1839-1897) et le panislamisme révolutionnaire

 

 

JDA était d'origine persane ou afghane. Il fut formé en philosophie à l'école d'Ibn Sînâ  (Avicenne).

Son enseignement

Un cours à Istanbul où il semble avoir mis sur le même plan philosophie et prophétie (doctrine hérétique pour l'islam traditionnel !) le contraignit à s'exiler en Egypte, au Caire, à partir de 1871, pour 8 ans, où il enseignait dans sa propre maison la théologie, la jurisprudence, la mystique et la philiosophie.

Mais à côté de cela, il enseignait aussi le danger de l'intervention européenne, la nécessité de l'unité nationale pour y résister, la nécessité d'une unité plus large de tous les peuples islamiques (panislamisme), la nécessité d'une constitution pour limiter les pouvoirs du souverain.

Puis il fut expulsé d'Egypte en Inde, puis à Paris à partir de 1884.

Sa doctrine

Le problème centra de JDA était:  comment rendre leur vitalité aux pays musulmans menacés par l'expansion européenne ? En persuadant les musulmans de comprendre correctement leur religion et de vivre en accord avec ses enseignements. S'ils agissaient ainsi les pays musulmans pouvaient résister à l'agression occidentale.

Il n'y avait pas chez JDA une hostilité foncière vis-à-vis de l'Europe. La grandeur de la civilisation islamique, on pouvait la restaurer, pensait-il, en acceptant les fruits de la raison que constituaient les sciences modernes nées en Europe, mais aussi,  plus fondamentalement en restaurant l'unité de la Communauté musulmane. Il appelait aussi à la réconciliation entre sunnites et chiites.

Il se faisait l'avocat d'une conférence générale des souverains islamiques à Istanbul qui devaient discuter d'intérêts communs et en particulier déclarer le djihâd contre l'agression occidentale. 

Il n'appartenait pas à la majorité des penseurs musulmans de l'époque qui étaient quiétistes, qui pensaient certes qu'il fallait protester contre l'injustice, mais finalement se soumettre. JDA professait plutôt le droit à la révolte face à l'agression.

La régénération de l'islam devait venir, selon lui, par un retour au pur islam. Mais qu'est-ce que le vrai islam ?

1) D'abord la croyance en un Dieu transcendant, créateur de l'univers.

2) L'islam est foi en la raison. Il encourage les hommes à utiliser librement leurs capacités intellectuelles, avec la certitude que ce qu'ils vont découvrir n'est pas en contradiction avec les vérités révélées de l'islam. L'islam est la seule grande religion qui libère l'esprit humain des illusions et des superstitions, contrairement au christianisme qui est en opposition avec la raison. En cela il reprend les critiques de Renan (qu'il a connu à Paris) contre le christianisme.

Ceci a des implications exégétiques. La raison doit être utilisée pleinement pour l'interprétation du Coran. Si le Coran semble être en contradiction avec ce qui est actuellement connu, c'est qu'il est en avance sur les découvertes scientifiques ou avec l'évolution de la raison. Le Coran fait maintes allusion à des choses qui ne pouvaient pas être expliquées jadis parce que l'esprit humain n'y était pas prêt. Maintenant que l'esprit humain a atteint sa pleine dimension, il est capable de découvrir le sens de ces allusions. Par ex.: le Coran contient des allusions cachées à la science moderne, les chemins de fer, l'électricité. Pour la première fois ces passages peuvent être compris.

Mais qui interprète le Coran ? Toute personne est capable d'interpréter le Coran, pourvu qu'elle ait une connaissance suffisante de l'arabe, soit saine d'esprit et connaisse la tradition des Anciens, les salaf (d'où le nom de salafiyya donné au mouvement réformiste musulman), les premières générations des fidèles gardiens du message du Prophète.

3) Islam signifie activité. La véritable attitude du musulman n'est pas celle d'une résignation passive devant tout événement perçu comme venant de Dieu. L'homme est responsable de ses actes devant Dieu, il est responsable du bien-être de la société, ses échecs sont ses propres échecs, et sont évitables. Tout cela ce sont des leçons du Coran, et toujours à nouveau JDA cietra ce verset du Coran qui lui semble résumer le tout: Dieu ne modifie rien en un peuple avant que celui-ci ne change ce qui est en lui (Coran 13.14).

L'activité humaine doit donc aussi être dirigée vers le bonheur et le succès dans ce monde, et non seulement vers le bonheur et le succès dans l'Autre monde comme l'enseignent les théologiens traditionnalistes.

Le disciple le plus proche et le plus célèbre d'Afghânî fut Mohammed 'Abduh.

 

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